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M. Cruveilhier. fl est démontré dans cette observation que l'hémt-
plégie était consécutive à une hémorrhagie cérébrale, et qu'elle | était complète. Depuis lors, le membre inférieur gauche avait! recouvré presque tous ses mouvements, et le bras seul était!
resté paralysé.
Les auteurs qui ont rapporté des cas d'hémiplégie saturnine
ont sans doute été trompés par les apparences, comme on pouvait l'être dans le fait suivant.
OBSERVATION LXXXI. — Âémiplégie survenue tout à coup chez un peintre pendant qu'il souffrait de coliques saturnines. — Doutes sur la nature de l'hémiplégie dissipés par l'exploration électro-musculaire. — Diagnostic électrique justifié par l'autopsie.
Un malade entre à la Charité pour des coliques saturnines ; il exerce l'état de peintre, et offre le liseré caractéristique des gencives. Tout à coup Survient une hémiplégie pendant le cours de sa maladie. On se demande alors (un instant c'était la pensée du chef de service}, si ce n’est pas là un exemple d’hémiplégie saturnine. Cette question m'est alors posée. Pour la résoudre, j'explore l’état de la contractilité et de la sensibilité électro-musculaires. Ayant trouvé partout ces propriétés intactes, je n'hésite pas à diagnostiquer une hémiplégie de cause cérébrale. Le malade succombe quelques jours après, et à l’autopsie on trouve un vaste épanchement sanguin dans l’un des lobes cérébraux.
Sice malade avait survécu à son attaque, il serait peut-être resté quelque doute sur la nature de l'hémiplésgie. L'exploration électro-musculaire, on l'a vu, ne permit pas de commettre une telle erreur.
B. Il n'est personne qui n'ait vu la paralysie hystérique revêtir quelquefois la forme hémiplégique. En conséquence, Phémiplégie n'étant pas seulement produite par une lésion cérébrale, une paralysie qui reconnaît pour cause une tumeur, un kyste, etc., siégeant dans un des hémisphères du cerveau, pourrait, dans certains cas, étre pris pour une hémiplégie hystérique. En voici un exemple :
OBSERVATION LXXXII. — En 1852, une jeune fille était entrée à la Charité (salle Sainte#Madeleine, n° 5), pour s’y faire traiter d’une hémiplégie gauche datant de six mois, et qui était survenue graduellement. Sa paralysie était incomplète , c’est-à-dire qu’elle consistait dans un affaiblissement des mouvements. Elle était habituellement bien portante avant Sa paralysie, mais depuis elle était mal réglée. On constatait chez elle l’existence d’un soufle carotidien. Bien qu'elle n’eût jamais eu d'accès d’hystérie, M. Beau, qui dirigeait alors provisoirement le service, pensa que son hémiplégie pouvait bien être sous la dépendance d'un état hystérique, et m’engagea à l’examiner au point de vue de mes recherches. A l'exploration électro-musculaire, je constatai l'intégrité de là contractilité et de la sensibilité électriques dans les muscles paralysés. Ce dernier phénomène {l'intégrité de la sensibilité musculaire) ne me
permit pas de partager l'opinion de M. Beau sur la nature de Ja para- | lysie. On se rappelle, en effet, que la paralysie hystérique présente une perturbation dans l’état de la sensibilité qui est ordinairement diminuée! dans les muscles ou quelquefois augmentée à la peau. En l’absence de ce” dernier signe, et en présence de l'intégrité de la contractilité électro-mus- | culaire, je diagnostiquai chez cette jeune fille une lésion cérébrale, par | exemple un tubercule occupant le côté droit de la base du cerveau; la! possibilité de la présence d’un tubercule cérébral me paraissait s'appuyer ! encore sur l'existence d’une expiration prolongée au sommet du poumon gauche. Cette jeune fille mourut rapidement-par suite d’une suffusion séreuse dans les méninges et les ventricules. On trouva à l’autopsie 4 A
tubercule du volume d’un haricot dans le pédoncule cérébral droit.
Je crois que dans la plupart des cas analogues à celui queje! viens de rapporter, on pourrait diagnostiquer l'existence d'une tumeur cérébrale sans l'exploration électro-musculaire, car on | observe alors en général une hémiplépie faciale du côté COrres- : pondant à l'hémiplégie des membres; phénomène que je n'ai! jamais rencontré dans l'hémiplégie hystérique , qui présente | seulement quelquefois une diminution de la sensibilité de ce! côté de la face. |
Maïs il est incontestable que, lorsqu'il existe quelque incerti® tude dans le diagnostic, les signes tirés de l’état des propriétés ! musculaires peuvent être d’une grande utilité. |
On pourrait évalement confondre une hémiplésie hystérique | avec une hémiplégie de cause cérébrale. Les mêmes signes qui, | dans le cas précédent, ont servi à distinguer l'hémiplésie céré brale de lhémiplégie hystérique, éclaireront alorsle diagnostic. ! Je ne rapporte pas les faits dans lesquels j'ai eu l'occasion | d'établir le diagnostic différentiel de l'hémiplésie hystérique par ! l'exploration électro-musculaire. J'ai fréquemment mis ce moyen de diagnostic à l'épreuve, dans des circonstances semblables, à la Charité, particulièrement dans le service de M. Briquet, où se trouve réuni un très grand nombre d'hystériques. Voici com: ment nous procédons dans ces recherches. M. Briquet me signale les sujets atteints de paralysiés qui entrent dans son service après qu'il les à examinés et qu'il a établi le diagnostic sur les sk ! snes fournis par la Symptomatologie. J'explore alors l’état de la