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particularité des deux années écoulées 1909 et 1910 a été, dans le monde entier, la baisse des fonds d'Etat et titres à revenu fixe et la hausse des titres à revenu variable et même sans revenu. »
IT a présenté ce double phénomène comme un effet de la reprise des affaires, qui suivit la crise américaine ; € on pourrait presque. a-t-il ajouté, de cette constatation établir une loi économique, que les faits et les chiffres ont toujours confirmée :
1) Dans les périodes de crise économique, commerciale, industrielle, financière, les fonds d'Etat et titres à revenu fixe sont plus fermement tenusque les titres à revenu variable ; le public désire avant tout la sécurité de son revenu.
2) Dans les périodes de calme,d'activité,de reprise les fonds d'Etat et titre à revenu fixe, sont négligés au profit des titres à revenu variable, parce qu'ils rapportent moins que ces derniers, qui peuvent, par leurs larges fluctuations de cours,améliorerle capital employé, ou bien augmenter le revenu, si ces entreprises profitent de la reprise et de l'activite des affaires.
C'est là une loi qu’il est bon de connaître, car elle permet de prévoir certaines grandes fluctuations de l'avenir. Toutefois, une distinction nous paraît s'imposer entre les emprunts d'Etat, emprunts coloniaux, foncières et communales, d’une part, et d'autre part,
valeurs mobilières. IXe Rapport, XIIIe Session, La Haye, TOII.
les valeurs à revenu fixe qui relèvent des libres industries : leur sort n’est en effet pas le même. Il est exact que les rentes et les obligations garanties par l'Etat ont baissé en 1909 et 1910, nous avons même constaté, au cours de ces recherches, que leur dépréciation a commencé depuis une dizaine d'années. La cause essentielle de cette chute, est bien dans la modicité de l’arrérage et de l'intérêt, comparé au revenu offert par les titres d'excellentes entreprises indépendantes.
Mais il n’en est pas de même des obligations industrielles. Pour maintes d’entre elles, nous avions relevé une stabilité remarquable des cours, pour certaines une hausse même; cette faveur dont elles ont bénéficié est justifiée : elles offrent un revenu plus rémunérateur que les autres : le taux auquel elles sont capitalisées, qui était élevé et exceptionnel il ya dix ou quinze ans est devenu normal : ce sont les rentes d'Etat et les obligations jouissant dela garantie officielle qui, autrefois, capitalisées à un taux inférieur ont vu leurs cours baisser, par suite leur taux de capitalisation augmenter.