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Mouvements des valeurs à revenu variable
Les mouvements des valeurs à revenu variable sont loin de concorder avec ceux des fonds d'Etat et des valeurs à revenu fixe (1); les valeurs comprises dans ce compartiment sont, les actions des Sociétés industrielles et commerciales diverses; elles sont devenues dans ces dernières années les favorites de la Bourse; diverses causes y ont contribué : d'une part, les valeurs à revenu fixe étaient arrivées, il ya quelques années, ainsi que nous l'avons vu au chapitre précédent à se capitaliser à des taux peu élevés
(1) Elles jouissent non seulement de la faveur, mais de l'engouement du public. Alors que l’on dédaigne le revenu de 4 1/4 à 4 1/2 nets que donnent nombre de bonnes valeurs à revenu fixé on se contente de 2 1/2 à 3 °/, de revenu sur les valeurs favorites : on recherche la plus-value des cours.
de 3à3 1/40/0, l'habitude se prenait graduellement alors chez les capitalistes de se porter sur des valeurs à revenu variable, qui offraient à peu près le même rendement avec des perspectives d'amélioration de reventihet de cours
Une autre cause paraît y avoir contribué : c'est le goût de la spéculation et du jeu,qui s’est sensiblement répandu dans l’ensemble de la population.
Les valeurs à revenu variable favorites paraissaient avoir l'avantage de concilier le goût du jeu avec le goût de l'épargne et du placement.
C'est à ces circonstances qu'il faut attribuer, semble-t-il, le grand essor dans les dernières années du compartiment des valeurs industrielles. C’est à la fin de l'été de 1912 que le point culminant a été atteint. Depuis cette époque, à la suite des événements balkaniques la baisse a été générale (1).
Durant l'été 1912 on était arrivé à capitaliser à 2 1/4 ou même à 2 0/, les actions favorites, soit anciennes soit nouvelles ; telle était le cas par exemple, des actions ou parts des grands charbonnages français du nord de la France ; un titre de cette nature donnant 45 francs de revenu brut, soit guère plus de 40 francs sous la forme au porteur, se négociait au dessus de 1.900 francs : or, pour avoir seulement
(1) Durantl'année 1912 les actions des Sociétés de crédit et des Banques françaises ont en général profité de la faveur publique : elles sont pour la plupart à des cours un peu plus élevés que l’année précédente. Seules ou presque seules les banques dites d'affaires, c'est-à-dire qui vivent principale-
un revenu net de 4 °/o avec untitre de ce genre, il aurait fallu que le revenu brut de 45 francs doublât presque, ce qui, en mettant les choses au mieux ne pouvait guère se produire avant une quinzaine d'’années et à la condition qu'il ne se présentât aucun incident imprévu, défavorable.
On était arrivé, pour les actions favorites à se contenter d’un revenu extrêmement bas 2 1/4 à 2 0/0 fréquemment ; on ne tenait aucun compte de la vie probable de la valeur, de la limite même connue de cette vie dans les cas de concession à temps. On voit même encore actuellement, certaines Sociétés de transport ou d'électricité qui se capitalisent entre 3 /oet 2 1/2
ment des émissions ou introductions de titres, ontsubi quelque tassement.
Etablissement de Crédit français 31 décembre 1911 31 décembre 1912. Pangee de Frances et". 4.215 4.450 CréditPoncier defirances..,::. 806 860 Banquet BAT ue 4.782 1.733 CMP EMNONTA IEEE. Net 2 1.543 1.587 Comptoir National d'Escompte. v40 1.002 SOA TERMES NET LES dar. 820 819 Crédits ile... etre 125 108 Banque de l’Union parisienne... 1.233 1.150 Banquefrançaise pour l’industrie. 311 304 Société française de reports ..... 830 859 Crédit mobilier français ........ 102 668 Banque de lAISÉr een. 1.480 3.020 Connecter lSérienne 2"... 1.315 1.970
Credithenciér diMléérie...... . 679 695
= 100 — quoique la durée de ces valeurs soit strictement limitée; par exemple, l'action du chemin de fer Métropolitain de Paris ne se capitalise qu’à 3 1/2 0/0 environ en titres au porteur, quoique la durée en soit limitée à une quarantaine d'années.
Ces vas de capitalisation très peu élevés semblent d'ailleurs devoir être passagers : et ainsi que le disait M. Leroy-Beaulieu (1) dans l « Ecoromiste français ».
«On doit doncconsidérer commeaventurelescampagnes telles que celle de l'été dernier, où l’on se proposait de hisser à des cours vertigineux et imprévus toutes les valeurs 2n vogue ; on a vu ce qu'il advenait de ces hausses improvisées ; un des compartiments qui ont fourni à ce sujet la démonstration la plus convaincante, est celui des valeurs de caoutchouc, dont, à la suite de la baisse du produit, les cours se sont effrondrés, en dix-huit mois ou deux ans de 50 à 60 parfois 70 0/0 ».
On peut ajouter que, en ce qui concerne ces valeurs industrielles en général: le taux auxquel elles sont capitalisées n’a pas la même signification que pour les valeurs à revenu fixe ; il ne faudrait pas déduire,par conséquent,de cette constatation que la hausse du taux de capitalisation n’est pas aussi générale qu'on veut bien le dire, car ce qui détermine le cours de ces valeurs c'est moinsle revenu qu’elles donnent momentanément, que les perspectives de plusvalues qu'elles sont susceptibles de réaliser.
(1) Economiste français, n° du 19 juillet 1913.
Nous donnerons cependant un aperçu des différentes variations subies par quelques grandes valeurs françaises au cours de ces dernières années : ces tableaux sont empruntés à l'étude de
M. Maury (!).