LES CAUSES. — LA DURÉE PROBABLE
GHAPIPRE PREMIER
Influence du Développement des relations commerciales et industrielles mondiales, — Influence des conversions de rentes. — Concurrence des capitaux employés en rentes d'Etat, d'une part, avecceuxemployésentitresindustriels d'autre part.
Nous croyons avoir établi par les faits et les chiffres que nous avons apportés, qu'un mouvement très net de la hausse du taux de capitalisation s'était
manifesté depuis les années 1897 et 1898; ce mouvement s’est caractérisé par la baisse des fonds d'Etat et valeurs à revenu fixe.
D'après certains économistes contemporains, et notamment d'après M. Mourre (1): «le socialisme d'Etat, qui fait de grands progrès chez la plupart des peuples à développement industriel très avancé, ne serait pas étranger à ce mouvement ». Il ne nous semble pas, au contraire, qu’il faille exagérer l’importance de son action sur l'esprit des capitalistes ; le fléchissement des cours des rentes d'Etat a été, en effet, à peu près le même pour tous les pays, dont la bonne gestion financière n'est pas discutée, malgré le développement inégal du socialisme dans ces divers Etats.
L'influence du développement du socialisme d'Etat ne nous paraît pas avoir eu sur le cours des rentes ou obligations à revenu fixe, l'influence que veulent voir ces économistes. Les divers empruntsdes villes, à la suite de la municipalisation de certains services publics, municipalisation qui constitue, selon nous, une tendance socialiste, n’ont pas été conclus à des taux inférieurs au taux normal.
Il en est de même de l'emprunt récent réalisé par l'État français pour le compte de l’'Ouest-Etat, qui, loin d’avoir été émis à un prix peu élevé, l’a été au taux de 4 0/0, taux élevé pour un emprunt de cette nature et qui a surpris le monde financier. Nous
(1) Conférence de M. Mourre à la Société d'Economie politique de Paris (précitée).
croyons montrer par cet exemple que les diverses manifestations du socialisme d'Etat, qui se sont produites ces dernières années, n'ont pas eu sur le taux de l'intérêt, l'influence que certains économistes ont cru pouvoir lui attribuer.
La hausse du prix (r)de la vie, qui n’a pas cessé de s'accentuer depuis 1897, a déterminé aussi les porteurs de rente à vendre leurs titres à faible revenu, pour chercher des revenus plus élevés, ceci au détriment de la sécurité de leurs placements.
Jusqu'à l’année 1897, nous l'avons vu, la hausse des fonds d'Etat Européens à faible rendement avait amené l'ère des conversions, puis la « crise du revenu » ; successivement les rentes 5 0/0 furent rédurtés en4ml2;en31/2et3 0/0: Ces réductions
(1) En ce qui concerne la France, les statistiques de M. Levasseur nous fournissent des indications à ce sujet pour les denrées alimentaires ; les chiffres étant ramenés à 100 pour l’année 1895 qui paraît être le point de départ de Ja hausse, voici les résultats obtenus jusqu’en 1907 :