CHAPITRE II
Le jugement de M. Sainte-Beuve sur Lemaistre. — Celui de Racine. — Celui de d'Ablaneourt. — Racine ingrat. — Desmarest de Sainl-Sorlin. — Les Plaideurs. — L'Intimé copié sur Lemaistre. — M. Philibert Pasténa veut être professeur de philosophie au collège de la Marche par arrêt de justice. — Lemaistre le couvre de ridicule. — L'esprit subtil. — La plaisanterie judiciaire.
Un écrivain éminent, qui a beaucoup jugé ses devanciers et ses contemporains, qui récemment encore tenait chaque semaine des assises littéraires, en ce moment interrompues, M. Sainte-Beuve, a parlé de Lemaistre; il le traite avec la sévérité d'un juge qui se croit souverain et qui est mal instruit. Il aura pensé sans doute qu'on pouvait critiquer un avocat sans le connaître, blâmer ses œuvres sans les avoir lues; peut-être même aura-t-il trouvé piquant de juger en cette matière sur l'étiquette du sac, croyant d'ailleurs ne s'exposer à nulle contradiction, puisque la renommée de celui qu'il attaquait n'intéressait pas les gens de lettres! Il semble supposer que Lemaistre a servi de modèle à Racine écrivant les Plaideurs et faisant parler l'Intimé. 11 mêle à son jugement, pour lui donner un air d'autorité, l'opinion de Racine lui-même. Cette coalition ne trouble ni n'embarrasse mon admiration : l'arrêt qui
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vient d'elle n'est pas motivé, et, des deux juges qui l'ont rendu, l'un était passionné, l'autre ignorait la cause.
J'admire autant que personne le génie de Racine, mais je ne suis pas bien sûr de l'excellence de son cœur. Dans ses œuvres mêmes, dont la forme harmonieuse et sublime arrache à Voltaire des cris d'enthousiasme, on ne sent pas partout Y âme de Mithridate! il fut plus d'une fois ingrat, et il ne sut pas rester grand devant la disgrâce.
Sa tante ' avait recueilli à la Ferté-Milon, dans le cours de l'année 1658, Antoine Lemaistre et son jeune frère, M. de Séricourt, poursuivis comme jansénistes ; Racine dut à cette circonstance d'être élevé à Port-Royal, où il eut pour instituteurs Antoine Lemaistre lui-même, M. de Sacy, Nicole, M. Hamon et Claude Lancelot. Il puisa dans cette école ces trésors d'érudition qui devaient faire de lui, non pas l'imitateur, mais le rival et le contemporain d'Euripide; il y prit aussi ces semences de piété et d'abnégation qui, étouffées pendant sa jeunesse, devaient, à la fin de sa vie, amener son repentir et adoucir sa mort. Mais, ayant de bonne heure les faiblesses du poète, avant même d'en avoir mérité la gloire, il se croit attaqué par Nicole dans la personne de ce Desmarest qu'il aura bientôt l'injustice d'opposer a Lemaistre, et. tournant contre ceux qui ont soigné son enfance et nourri sa jeunesse son talent et son cœur, il lance, sur Port-Royal des traits qu'on dirait empruntés à Pascal! Boileau. son ami, s'afflige de ce succès que l'esprit obtient aux dépens du cœur. C'est dans cette querelle, qu'a fait naître la vanité prématurée du poète et qu'envenime l'ingratitude de l'homme, que Racine, chéri d'Antoine Lepaistre, dénigre le talent et la conscience de ce grand avocat. Desmarest de Saint-Sorlin était un poète à la journée ; il fai-
1 Madame Vitard.
sait des vers qu'il vendait ou qu'il prêtait à Richelieu; il avait fait d'abord des comédies et des romans que la morale janséniste avait blâmés; c'est pour le défendre et pour le louer que Racine rendra sa plume ingrate, satirique et blessante.
'( Je n'ai point, dit-il dans une de ses petites lettres contre Port-Royal, prétendu égaler Desmarest à M. Lemaistre; il ne faut point pour cela que vous souleviez les juges et le Palais contre moi ; je reconnais de bonne foi que les plaidoyers du premier sont sans comparaison plus dévots que les romans du second. Je crois bien que si Desmarest avait revu ses romans depuis sa conversion, comme on dit que M. Lemaistre a revu ses plaidoyers, il y aurait peut-être mis de la spiritualité; mais ir a cru qu'un pénitent devait oublier tout ce qu'il a fait pour le monde ' . »
La passion et l'injusticeéclatent dans ces lignes que M. Sainte- Beuve, d'un ton railleur, trouve méchantes, et qui me paraissent à moi détachées d'un pamphlet. Comparer Lemaistre à Desmarest de Saint-Sorlin, le représenter comme un pénitent en proie à la vanité, refaisant dans sa solitude sis plaidoyers mal faits, y mettant du talent et de la spiritualité après coup, c'était méconnaître la vérité, outrager sans raison, oublier sans scrupule! Racine le sentait bien en écrivant, puisqu'il allait au-devant du Palais et des juges, soulevés par ses injusli- Serait-il vrai que, poussant plus loin encore l'ingratitude et la colère, Racine aurait, dans les Plaideurs, couvert de ridicule celui qui avait été son maître et que tout le monde avait admiré? Cette fois, je le pense, l'imagination de M. Sainte- Beuve l'isole et l'égaré, et il fait Racine, dirai-je plus méchant ou plus maladroit qu'il ne faut? Qui oserait, en effet, retrouver
1 Deuxième lettre de Racine contre PorMRoyal, celle dont Boileau empêcha la publication.
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dans Ylntimé, ce portrait exagéré et bouffon dans une comédie bouffonne, un seul des traits de ce grand avocat qui enleva des auditeurs à la chaire et qui en fit regorger la Grandphambre? Parmi ces auditeurs se trouvaient les Bignon, les Séguier, les Talon, les Mole, et non loin de là ce public dont on ne surprend pas les suffrages et qui consacre librement les renommées. D'ailleurs, en écrivant cette comédie, pour laquelle aussi le public a pris parti, puisque sa mémoire en a retenu tous les vers, Racine n'a rien copié, si ce n'est peut-être Aristophane. 11 a trouvé, dans la force comique de son imagination et dans quelque rancune judiciaire, un tableau de fantaisie, assez semblable à une farce italienne, qu'il a su immortaliser par des traits charmants, des vers inimitables et le rire éternel des plaideurs de tous les temps! 3Iais, en fait de ridicule, et si on allait au fond des choses, les lettres ont eu leur part, comme le barreau. Quand du Bartas appelait les vents les postillons d'Éole, et les poissonsr les bourgeois de l'empire des ondes, et que Ronsard lui donnait la réplique, ces poëtes-là étaient un peu de la famille de Petit- Jeun et de Ylntimé.
Quant à 31. Sainte-Beuve, il n'a pas les mêmes raisons que Racine pour dénigrer Lemaislre, et peut-être n'en aurait-il eu lacune si Racine ne lui avait donné les siennes. Il prétend que les plaidoyers de Lemaistre ne supportent pas la lecture, malgré de longues parties incontestablement graves et saines. Au Palais, où on connaît la portée, sinon toujours le sens académique des mots, on prendrait cette phrase pour un aveu; on Jugerait que 31. Sainte-Beuve n'a pas lu ces plaidoyers et qu'il a aperçu d'un peu loin ces longues parties incontestablement graves et saines. Il critique, au nom de la morale éternelle et delà vraie rhétorique, l'exorde du premier de ces plaidoyers, que j'ai transcrit et cité ; il ne dit pas ce qu'il y trouve de contraire à la langue judiciaire et oratoire; mais, faisant un détour
et s'apercevant qu'Antoine Lemaistre, après avoir plaidé contre Magdeleine de Poissy, a préparé pour elle, à titre d'exercice, un plaidoyer imaginaire, il se dresse de toute la hauteur d'un homme qui n'a jamais eu deux opinions sur le même sujet, et s'indigne réellement d'une palinodie fictive. Ailleurs. il reproche à Lemaistre son mauvais goût, son emphase, sa véhémence sans vraie chaleur, des rapprochements d'érudition sans vraie finesse et sans esprit, et, soulignant ce dernier mot, il invoque dans ce sens l'opinion de d'Ahlancourt écrivant à Patru, et attribuant les défauts de Lemaistre au manque de chaleur et d'esprit bien subtil! Ce que dit d'Ahlancourt n'a pas cette portée; d'Ahlancourt est à Leyde, inoccupé, cherchant à se délasser de l'élude de la langue hébraïque qui l'avait accablé; il ne se trouve pas l'esprit assez vif pour composer ; il sent que, s'il écrivait quelque chose, il le remplirait de citations et de passages, et, comme Montaigne est son auteur favori, il ajoute en le copiant un peu :
« On ne saurait fondre la matière : à cause de cela, il faut se contenter de la souder, et il n'y a rien de si vilain que quand cette soudure paraît, car vous voyez après clairement la différence des métaux, l'or et l'argent des anciens d'avec notre cuivre et notre étain. C'est une rapsodie de plusieurs membres qui tiennent ensemble par des attaches, en un mot, la chose la plus vilaine et la plus contraire à la nature. Je ne veux pas dire que la pièce de M. Lemaistre eut cela, mais celle que je ferais à présent l'aurait1. »
Je regrette presque d'avoir affaibli le reproche fait à Lemaistre par M. Sainte-Beuve et emprunté à d'Ahlancourt, en reproduisant le texte lui-même. Je veux bien que tous deux
1 Montaigne avait dit : « Les escrivains indiscrets de notre siècle qui, parmi leurs ouvrages de néant, vont semant des livres latins des anciens auteurs » (Essais, cli. xxv.)
aient pensé et écrit que Lemaistre n'a montré dans ses plaidoyers ni originalité ni esprit, et je vais donner la preuve qu'ils se sont trompés. Il ne faut pas l'aller chercher bien loin. C'est le second plaidoyer qui me l'offre.
Il s'agit de savoir si ce sera un savant ou un ignorant qui sera principal du collège de la Marche. Lemaistre est pour le savant M. Alphonse Lemoyne, prieur de Sorbonne, recteur de l'Université, contre M. Philibert Postent}, "qui invoque les termes du statut et l'intention du fondateur. Le statut disait que « le principal serait toujours, ou de la ville de la Marche, ou de la plus proche sujette au duc de Bar, s'il s'en rencontre d'habile, ou au moins de la province de Reims ou de Sens, selon l'usage de l'Église. » Déjà vingt-trois ans plus tôt Philibert Pasléna avait voulu être principal du collège delà Marche, et il avait soutenu et perdu le même procès contre un savant homme, M. Laurent Bourceret, qui n'était même pas du duché de Bar. 11 s'était consolé de cet échec en l'attribuant à son jeune âge ' . Lemaistre ne veut pas lui laisser cette consolation ; il la lui ravit, d'abord avec une gravité savante, puis avec une ironie contenue que ne désavoueraient pas ceux qui sont de nos jours les plus accrédités dans l'art de ridiculiser ou de noircir un adversaire.
Il atteste Platon qu'à vingt-sept ans on peut être principal du collège de la Marche, si on a la valeur que cet emploi demande, puisque Platon dit quelque part « qu'il ne faut point s'informer si un précepteur est jeune, pourvu qu'il soit sage et savant. » Il fait aussi parler Sidonius, évêque d'Auvergne, qui déclare « que, dans l'élection des évêques, il faut considérer plutôt le bien du public que l'âge du prélat, et le mérite de sa vie que le nombre de ses années. » Les premiers coups portés
1 II avait alors vingt-sept ans.
avec des armes étrangères, nous allons voir celles qui lui sont propres et l'usage qu'il en va faire :
« La Cour, dit-il, reconnut (en 1607) que Pasténa n'avait pas assez d'esprit pour cette charge, et qu'il manquait également de la science et de la conduite qui y sont nécessaires. C'est la véritable cause de son arrêt, laquelle si Pasténa eût bien considérée, il ne paraîtrait pas une seconde fois en ce lieu.
« Mais il lui faut pardonner, messieurs, s'il dit aujourd'hui' que la Cour n'eut égard qu'à son âge, parce qu'il sait lui être aussi facile de montrer que le nombre de ses années s'est accru depuis ce temps, comme il lui est impossible de faire voir que sa suffisance soit augmentée, et qu'il reconnaît que le temps, en diminuant les forces de son corps, n'a pas changé en force et en vigueur la faiblesse naturelle de son esprit.
« Les années donc, messieurs, ne l'ont pas rendu autre qu'il était; c'est toujours M. Philibert Pasténa; et elles n'ont point mis d'autre différence entre lui en 4607 et lui-môme en 1630, sinon qu'elles ont fait voir que son insuffisance ne peut être attribuée qu'à son naturel.
« Il vous dira qu'il a étudié depuis votre arrêt, et appris plusieurs choses qu'il ignorait. Mais, encore qu'il y ait grande différence entre un homme savant et un homme habile.... je suis obligé de vous faire voir quelle est sa science. Il est vrai qu'il a quelque teinture des lettres et qu'il sait quelque chose dans la grammaire; il a fait jusqu'à la troisième au collège de la Marche, mais aussi n'a-t-il jamais passé cette classe, si ce n'est depuis quelque temps qu'il s'est jeté de la grammaire (Lins la philosophie. Il s'avise de vouloir pénétrer dans le secret de cette science, lorsque, s'il avait quelque pointe d'esprit, elle serait émoussée. C'est un homme qui commence à cinquante ans ce que les autres ont fait à vingt, un arbre qui ne
fleurit qu'en automne et qui ne porte point de fruits. Il a seulement appris quelques définitions et quelques maximes générales que sa mémoire a plutôt retenues que son jugement ne les a comprises, et, avec cette suffisance, il fit semblant l'année dernière de commencer un cours au collège de la Marche, avec une reconnaissance si ingénue de son incapacité, qu'il envoya les boursiers et les pensionnaires de la Marche au collège de Navarre pour les mêmes études de philosophie.
« Quant à cette année, la considération de ce procès l'a porté à faire une espèce de physique toute nouvelle, dont, ainsi que du reste, je suis très-marri d'être contraint de parler, et ne ferais s'il n'était absolument nécessaire pour la défense de ma cause.
« Pasténa, messieurs, se trouvant réduit à lui tout seul, s'il eût voulu attendre que sa réputation lui amenât des écoliers, il a tiré d'une troisième deux boursiers aussi capables d'apprendre la philosophie comme lui de l'enseigner, lesquels il obligea prendre ses belles leçons. 11 vient en classe, et, après avoir prépaie l'attention de cette grande assemblée, dont il fait la troisième partie, il commence à lire quelque question d'une physique imprimée qu'il anime d'un ton grave et d'une voix haute.
« Cette solitude ne lui abat point le courage, considérant peut-être, comme disait un ancien, que le soleil n'éclaire pas moins les désorts que les villes, que chaque personne est un assez grand théâtre à un autre, et qu'un philosophe répondant à celui qui lui reprochait le petit nombre de ses auditeurs, qu'encore que son concert fut rempli de peu de voix, l'harmonie, néanmoins, en était excellente.
« Mais (pie dis-je? Cette solitude lui augmente le courage, parce qu'il n'a que deux témoins de son peu de suffisance. Ayanl lu, messieurs, quelque espace de temps, ei collationné
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les copies de ces deux écoliers avec l'imprimé, et sans expliquer ce qu'il a dit, il les renvoie ainsi très-glorieux d'avoir un cours si parfaitement correct.
« Je ne dis point ceci, messieurs, pour blâmer Pasténa, je sais qu'en ce point il n'est pas coupable et qu'on ne saurait forcer la nature; mais, pour vous faire voir sans déguisement jusqu'où s'étend sa capacité, et qu'il ne doit pas tirer avantage de ce prétendu cours, si ce n'est qu'à cause qu'il sait lire une physique imprimée, on lui veuille donner la qualité de lecteur en philosophie.
« Mais peut-être qu'il n'est pas ignorant dans le reste des lettres humaines comme il l'est en cette science? A cela je réponds que, s'il est vrai qu'il soit savant, il n'y a que lui dans l'Université qui le sache. Car, s'il eût eu quelque réputation, ne lui eût- elle pas amené des écoliers? Et ce même Pasténa qui n'a que cinq ou six boursiers pour auditeurs quand il fait la troisième au collège de la Marche, et deux quand il y fait la philosophie, rétablirait-il ce même collège par sa réputation?, lui qui, sans les boursiers de la Marche, n'aurait pu lire qu'aux murailles de sa classe, rétablirait-il ce collège par la grande opinion qu'on aurait de sa science?...
«... On peut devenir savant par le temps; la science est comme une eau de citerne; mais cette somme et cette fermeté d'esprit (nécessaires à la charge de principal) ne peuvent être que naturelles. C'est une pure lumière du ciel; c'est un flambeau que Dieu seul peut allumer; aussi Pasténa peut devenir savant par l'étude et par le travail, mais non habile homme : parce qu'il trouvera bien dans les'livres de quoi remplir sa mémoire, mais non pas de quoi relever la bassesse de son génie et la faiblesse de son jugement1. »
1 La cause fut plaidée les 19 et 27 juin et 11 juillet 1656. M. Alphonse
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Cette citation est longue, mais elle était nécessaire contre des opinions aussi redoutables que celles qui ont refusé à Lemaistre toute espèce de goût et d'esprit. Elle montre, suivant moi, qu'aucune des ressources de l'éloquence judiciaire n'a manqué à ce grand avocat. Je ne prétends pas que ces phrases aient la rapidité de l'éclair, ni que chaque mot soit une flèche empoisonnée. Cette raillerie, j'en conviens, a même l'allure un peu lente et parfois contournée; mais sa vivacité n'est pas commune, elle a de l'urbanité, puisque le mot vient d'être inventé par Balzac1 ; elle n'emploie ni les gros mots ni les injures; plus tard, elle deviendra, si l'on veut, plus acérée et plus vive, mais aussi plus plébéienne et plus vulgaire, et alors Beaumarchais lui reprochera, non sans raison, de dégrader le plus noble institut2.
Si je ne me fais pas d'illusion, d'Ablancourt est maintenant hors de combat, à moins que Y esprit subtil qu'il refuse à Lemaistrene soit pas l'esprit de tout le monde.
Lemoyne gagna son procès, sur les conclusions conformes de M. l'avocat général Talon.
1 Et Voiture et Balzac, si savants en beaux mots,
En cuisine peut-être auraient été des sots.
- Le Mariage de Figaro.