‹ De l'emancipation des Noirs; ou, Lettres à M. le duc de Broglie sur les dangers de cette mesureChapitre 5 sur 14 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Simple ïlott à M. U haton U Mactum,

HOIIiTlB m LA HÂKim BT DU COLOMIBS,

SUR m

IODE iïfilAICIPATK)! QUI R GOUTSMIT RISI A L'ËTAT.

MoNSiBUR LE Ministre 5

Le gouyernement du roi a renouvelé à la

tribune par l'organe de Votre Excellence la

promesse d'affranchir, avec le temps, les ne-

i;res esclaves de nos colonies. Il a admis le principe de l'émancipation, et il vient d'entrer dans cette voie d'une manière qui me parait factieuse. Tout en manifestant rintention de prendre des délais convenables, il ne s'est encore prononcé ni sur le mode d'abolition de l'esclavage ni sur l'époque définitive où ceUe grande révolution odonialeMimeoconiplIe.

Cette réserve semble pronver qvie la qnestion est encore à l'étude ; c*est ce qui m'engage à proposer un nouveau mp^e d-sINinGiiiar sèment qui serait fécond en bons résultats de toute nature pour la marine, la métropole et les colonies. Ce système , que personne à ma connaissance n'a encore développé , respecterait tous les intérêts légitimes et ne coûterait rien à [Etat. Je n'avais nul dessein de récrire, car il n'y avait aucune raison de se presser; mais le danger de nos colonies, le redou-

titement des intrigues de toute origine et la prédpitâlion dM cboses, m* y contraignent.

fia plan AioTira de conclusion aux trois lettEes que j'ai adressées à M* le doc de BrojgMa sur le mAme sujet. Je me bornerai à une expositiQu sommaire en quelques |mges, plein de confiance 4ans les lumièri^ du public se* rieuse et p^réoccupé de nos grands intérêts^ au- •VImI cn^te note eA destinée.

Je ne jreviendrai pas à la ^iUque des deux «yfftèçies d'afbmHdussejpaient proposés à Tadr option du gouvernement , l'un voulant une éinaucipaiion générale et simultanée, Tautro partjeUe ot progressive. Tous deux me semblent également défectueux, impraticables, condamnés par la raison ; ils aboutissent à l'anéantissement de notre système colonial , aa&s le reuiplacer par rien de satisfaisant ; ils tendent à constituer les colonies à l'ioiage de

ta métropole à travers toates sortes d'impoalbililès ; i faire de nos possessions d'oatremer des «spèces de départements français » ce qsl me parait un non-sens. Enfin les deux sjsiftmes ne différent ifue snr la mardie à sntrra, mais leur but est le même : l'un vent dètrain nos colonies instantanément, les abattre d'im coup de massue; Tautre préfère adndnistrer le poison par doses r^Uéres et les fiiire mourir d'une sorte de maladie de consomption.

Comment espérer que les colons se déddent entre ces deux solutions également fktales t Ib se refusent même i les débattre, et avec raison. Il ne s'agit pas pour eux en effet de choisir un genre de mort , il s'agit avant tout de ne pas mourir.

Cependant la situation s'a|^ave ; les sociétés négropbiles du dehors introduites an coeur de la presse périodique ne permettent point i

. la qoestion de s'endormir. Le gouyernement, -difirant à leurs instances, vient de proposer 4Bn projet de loi qui enlèvera aux colonies jusqu'à la possibilité de se faire entendre dans les eliambres, et qui les replace sous le régime aiiiet et absolu des ordonnances. Malgré les intentions généreuses de Votre Excellence , les complots formés contre elles sortent des f^ons inférieures du ministère de la marine, ob règne un esprit de violence anti-coloniale qu'on ne devrait point soupçonner dans les défenseurs naturels de la marine et des colonies (!)•

D'un autre côté la situation des colons me nacés devient plus fausse de jour en jour , et

(1) Une Rwu$ coloniale imprimée aux frais de Tétat et gra* initement dialribiiée paraît depuis six mois. Les principaux articles de la Soeiéti onHslavery j sont reproduits sans réflexion on apprevTés. La révolte des noirs de Cuba j a été racontée sur les renseignemenu de VAnti-iiavery reporter» Et eette reriie est tBfoyé* diBf iM coMei !

pour la rendre iDtolérable on B*apprèto i leur enlever les dernières garanties» la pnbUdtt même du débat de leurs iat^ts deYartlii Chambres.

Si le système colonial ancien est dMtini à périr sous les coups du gonveraeiiiMit luimême, il est juste pourtant de ne procédera la démolition de l'édifice qu'après avoir fondé sur des bases plus équitables et plus aoUdas un système colonial nouveau.

Or J'en ai la conviction profonde» il est possible de tirer des flancs mêmes de la^enritiide coloniale une fille plus belle , plus vigoaroose et plus légitime que sa mère : on le peut en vertu des lois qui président à la renaissance et à la perpétuité des sociétés bumainea; mais il faut que la main du gouvernement vienne bâter la délivrance , au lieu de tuer la mère avant l'enfantement.

Explk|li<im* nous plas dairement. La ser* irilMda ceteniale a un double caractère ; elle cmpréiid dem choses parfiiitement distinctes ^ sâirolr i la possession de l'homme par nidtaiiiie, et le trarail forcé. La possession de l'homme se manifeste par l'achat , la vente , ta location , le déplacement arbitraire de l'in^ dlVida possédé, qne le maître considère cornme^ son Uen propre , comme une sorte d'ustensile, demeaUe à son usage. Mais cette possession n'est point absolue ; elle est réglée, limitée par la loi : le maître ne peut ni détruire ni blesser son esclave, ni le frapper injustement f ni Ini imposer des fardeaux au dessus de ses forces. En lui laissant le droit de châtier , la loi Intervient même pour prescrire la nature et la limite du châtiment.

Le trafic des noirs parles Européens a commencé la civilisation de la race africaine, éter-

nellement soumise dans sa patrie à resclavi^ ^ à rindigence d'idées , et même à Tanthropophagie. L'esclavage colonial a ëti nn progrès pour elle 5 on n'en saurait douter; cependant il blesse les cceurs généreux. S'il ne crée pas une dégradation préexistante, il la manifeste, il la consacre. Or il n'est pas impossible d'àbolirla vente, le trafic des nègres, ce qui con* slitue le cachet propre à Tesclayagey sans frais pour TÉtat , en respectant tous les intérèls , en sauvant tous les droits. C'est là dessus , à mon avis , que la réforme devrait por« 1er.

Outre le droit de trafiquer de la personne du nègre, il y a, comme je l'ai dit, un second point : le travail forcé. Cette obligation pour le noir africain de vaquer à la culture du sol, de concourir dans la mesure de ses forces à féconder, à enrichir les Antilles, est éminem-

meot moralisatrice. Il ne saurait en être dé* barrasse sans retomber dans l'état sauvage.

L'expérience, plus forte que les théories, dé*montre tous les jours plus clairement que la race noire est incapable de s'appliquer à un travail suivi par le propre effort de son intelligence inerte et d'une volonté qui lui manque. Les séductions du climat , la facililé de vivre en nomade, les savanes où le nègre trouve un refuge, tout fait obstacle à son activité naissante. Il est donc nécessaire que le travail lui demeure imposé. La grande erreur des aboli* tionistes a été d'envisager la liberté comme l'affranchissement du travail, comme le droit de s'en dispenser. Ils ont. traduit l'émancipa* tiott à la façon des nègres , qui pensent tous qu*étre libre , c'est ne rien faire. Le travail cependant est la loi de l'homme dans la vie présente : obligatoire pour tous ot toujours ,

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