‹ De l'emancipation des Noirs; ou, Lettres à M. le duc de Broglie sur les dangers de cette mesureChapitre 8 sur 14 · RELATIVE AU DROIT DE VISITE · texte numérisé non relu

RELATIVE AU DROIT DE VISITE

Les convictions émises dans mes lettres à M« le duc de Broglie au sujet de la constitution économique et sociale de nos colonies m'ont été suggérées logiquement par l'étude de la question du droit de visite maritime. On le reconnaît aujourd'hui , l'émancipation des noirs et la visite maritime se tiennent étroitement. Elles touchent toutes les deux àTéqui*

libre naval entre les nations commerçantes, et à la liberté des mers, qai sont la grande route du genre humain pour communiquer la civilisation sur tous les rivages.

Il m'a donc semblé à propos de publier ici le petit opuscule qui fut la première étincelle de cette grande réaction de l'opinion publique contre cette intimité étoufTante du gouvernement de 1830 avec le cabinet britannique.

Ce mouvement rétrograde des esprits pouvait être attfibtië à tine irritation pa^ag&re ; mais il ne s'est pas démenti depuis lors. Puis* se-t-il aboutir à de bons résultats en faisant rentrer la France dans la ligne de ses tradi" tiens nationales et de ses intérêts permanents !

Etranger aux études politiques à l'épo-^ que des conventions de 1831 et de 1833 , j'ignorai leur existence Jusqu'en 1840, et peut*

être aimfs^e gardé le rilence sans la nouvelle, réyélée an public par les journaux anf][lat8 à tàffn de 1841, qu'une conyention toute récente y signée par les représenlants des cinq grandes puissances, corroborait les stipulations antérieures, et consacrait à perpétuité l'asservissement des peuples navigateurs à la police liritannique. Cette indiscrétion de la presse flit l'origine de la petite brochure réimprimée à la suite de ces observations. Ce premier ioiot qtie |e doUoàl sur les qtrestlons d'état peut sèrvfr de préambule logique à la question des noirs et de l'industrie coloniale. Les deux questions se déduisent l'une de l'autre et s'enchaînent dans la pensée.

Je m'empressai d'adresser les pages que je venais d'écrire au général Ca.<s , alors ministre des États-Unis à Paris , avec un billet où je lui Taisais remarquer que l'Amérique devait

avoir sur cette affaire le même intérêt à défendre que nous et la même conduite à tenir.

Au bout de quelques jours l'honorable général me répondit par la lettre suivante :

Lettre du général Cass à M. Petit de Barongourt.

Paris , le 19 janirier 184?.

« Monsieur,

Y> J'ai reçu votre lettre du 30 décembre et la brochure que vous avez eu la bonté de m'envoyer* Cette brochure , je l'ai lue avec le plus grand plaisir. Vous avez traité le sujet de la manière la plus persuasive et la plus claire. Aurez - vous la bonté de m'en envoyer huit on dix exemplaires ? Je les enverrai aux États- Unis y OÙ ils trouveront le meilleur accueil du monde.

» J'espère que vos efforts, qui méritent tant de louanges , auront du succès ; qu'ils assureront, tant pour le moment actuel que pour les années à venir, la liberté de la mer.

» Veuillez agréer. Monsieur, etc.

» Général Cass. w

Environ quinze jours plus Urd^ l'honorable général publiait son fameux Mémoire où il examinait le droit de visite au point de vue des intérêts et des droits de l'Amérique (1).

La question ayant été reprise par la diplomatie, les États-Unis , par leur attitude énergique , forcèrent le cabinet anglais à respecter en droit l'indépendance de leur pavillon. Il n'en fut pas de même de la France, que la signature des conventions plaçait dans une position plus défavorable.

Du reste , l'Angleterre ne tarda pas à dévoiler le but qu'elle se proposait au nom des principes de philanthropie qu'elle affiche.

Lord Palmerston le manifesta clairement à la

(I) Examen de la (fueslton aujourd'hui pendante entré U gouvernement des États-Unis et celui de la Grande* Bretagne concernant le droit de visite , par un Américain. La broehure n^a pas été mise en Tente , et ne porte ancon nom d^imprîmear. — Imprimerie de Fonmier, me Saint-Benblt, 7.

séance de la chambre des commui^es du 10 ao^t 1842 dans les termes suivante :

« N'imaginez pas que les traités relatifs au droit de visite soient utiles surtout au point de vue de l'humanité, et comme tendant seulement à délivrer le monde civilise d'un trafic criminel. Ici , comme dans beaucoup d'autres cala , la vertu porte avec elle sa récom- 'frcnse. Si les nations d'Europe s'entendent sur ce point, iis avaMagfi etmn^ertiaux qm in rétuUerant serùnt ii'wfie immênte Hmporiaviet H peur ^ut k mande e| pour noire pays. Ces IraUéê doivent conduire indirec' temenl à développer les grands inleréis de la marine et du commerce, »

^ Ces paroles B'ont pas béikrin de commén-:

taire ; elles justifient toutes les assertions et toutes les craintes reproduites dans l'opuscule auquel ces observations servent d'avant-propos.

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