Vin très alcoolique
•1- Eau q s »
M. Maspéro, étudiant les différentes compositions qui ont pu rentrer dans la masse de I embaumement, décrit aussi une drogue dont les Egyptiens faisaient grand cas pour embaumer leurs momies. Nous voulons parler de l'asphalte ou bitume de Judée, dont sont remplis la plupart des corps d'hommes ou d 'animaux embaumés, et que les égyptologues précédents avaient traduit par le mol résine. Il provenait alors de la Judée et de la Babylonie. comme Diodore (II, 48, XIX), 08, 00, Strabon (XVI, % 42), Discoride (de matériel medica J, 00), Hérodote (I, 70), Diodore ('II, 12), nous l’apprennent.
Recueilli sur les bords du Lac Asphaltite, il était l'objet d'un commerce important : les Syriens le convoyaient jusqu’aux divers ports de la Phénicie
1 Recueil des travaux relatifs à la philologie et à l’archéologie égyptienne et -assyrienne. Paris, 18'J4, f° 131.
(Hiodorc 1 00 ), fl les hliioméens l<* transportaient avec I aide de* caravanes nabathéennes soit ni Égypte, à l’usage de la momification Diodore XIX- 99, Strabon XVI, 2/45), soit chez les Sabéeos, qui t'utilisaient dans leu»
I,', militions (l)iodore II, W. III. 47. XIX, 9H-ÎK), Strabon XVI. 4 19 .
Arrivé à la lin de celle étude, signalons encore un l'ait très curieux: pendant des siècles on utilisa les momies connue médicaments. Voici une anecdote qui en lait preuve :
lin 1074. le sieur de la Martinière, chirurgien sans patente, publia un petit livre intitulé : L'Heureux esclave, ou « relations des aventures du sieur delà Martinière : comment il lut pris par les corsaires de Barbarie et délivré ; la manière de combattre sur mer. de l'Afrique et d'autres particularités1#, voir chapitre XXVI.
Comment se font les momies que l’on nous apporte et du mauvais usage de ce prétendu remède. «Un jour que .je fus quérir quelques drogues chez Ben Moussa qui, outre qu'il éloil grand prêtre de la Loy, faisoit du médecin traliquant de muinies, je le trouvay dans une chambre à raccommoder des corps mumiés. les entassant les uns sur les autres. Surpris d’en voir tant. Je lui demanday d’où cela venoit et comment il en pouvoit avoir une >i grande quantité. Je croyais, comme beaucoup d'autres, que les mumiesse prenoient dans les sables de F Arabie déserte ou de ces corps embaumés par les anciens égyptiens, elque c'étoit un souverain remède pour guérir certaines maladies tant internes qu’externes; ce que lui témoignant, il se mit a rire et me dit que les chrétiens avaient bien peu de jugement de croire tel le chose, puisque, en trente ans, il ne se trouva pas dix hommes de morts <lan> toute cette Arabie...
« Quant aux Égyptiens, il ne fatloit pas croire qu ils eussent pris tant de peine d'embaumer les corps de leurs princes, parents et bons amis, pour être mangés etservirde remèdes aux etrangers, qu ils ont liais de tout temps . si l'on trouvoit des chrétiens ou autres en emporter, ils seraient punis comme larrons et impies. Tous ceux qu’il avoit, étaient tous d'Alger qu'il muminit ainsi.
«Je le priay de me faire voir comment il aecommodoit ces corps, ce qu'il me promit, et me montra quelques jours après, étant mort, un pauvre misérable esclave tout galeux et ayant les écrouelles, qu il acheta «le son patron et en ma présence, lui ayant vidé le cerveau et ôté les entrailles, lui lit plusieurs incisions dans la chair, dans laquelle il mit d une certaine gomme liquide et noire appelée asphalte, puis boucha toutes ces incisions de colon trempe dans celle liqueur. Ensuite ayant bandé toutes les part ies de ce corps avec
> A Paris, chez Olivier de Varennes. au Palais, en la Galeriedesprisonniers.au \ ase d'or, avec privilège du Roi. MDCL, XXIV, in-)?.