XI
des bandes trempées dans la même liqueur, avec un vieux linceul, duquel 1 ayant enveloppé je lui aiday ensuite à le porter dans un grenier, où il le laissa sécher pour le vendre avec d'autres, à quelques marchands chrétiens. Je vis quelque deux mois après, enlever ce même corps par un marchand italien, avec plusieurs autres qu’il avoit achetés de ce Juif, pour les emporter en son pays, afin de les vendre à des droguistes...
«Je m’étonne comme les médecins ordonnent de prendre de la mumie. sachant que la plupart de ces corps mumiés sont de galieux, ladres, verollez et pestiférez. »
Voici, cent ans plus tard, 1775, ce que, dit l’abbé Prévost dans son Manuel lexique au mot momie: « En terme de médecine on nomme momie ou mumie, des esprits qu’on suppose résidants dans les cadavres, auxquels on attribue des vertus pour la guérison de diverses maladies... D’autres nomment simplement mumie une substance liquide qui sort des corps embaumés avec un mélange de poix et d’asphalte. » Toujours est-il que la mumie se vendait au détail chez les apothicaires, ce qui explique en partie les raisons pour lesquelles tant de sépultures ont été violées et dévastées.
Mais aussi, quel goût fallait-il avoir pour avaler pareille drogue, quelle confiance en de tels médecins et quels résultats pratiques pouvait-on attendre de pareils médicaments?!!