Troisième mode d’embaumement
Ce dernier, réservé aux pauvres, consistait à déposer le cadavre pendant soixante-dix jours dans une solution alcaline de natron, puis à l’entourer de bandelettes.
Un quatrième mode d'embaumement non décrit par Hérodote, était encore pratiqué. On entourait de bandelettes les cadavres des personnes très pauvres et les inhumait dans le sable à un mètre de profondeur, ainsi que le prouvent les momies retrouvées dans cet état.
Les corps de l'une ou de l'autre classe étaient alors conduits à leur dernière demeure, très simplement pour les classes pauvres, en grande pompe chez les puissants.
Des danseuses, des chanteurs, des femmes pleurant et geignant, criant <•1 se lamentant, citant les hauts faits du trépassé, ses titres et qualités, précédaient le char funèbre, tiré par des bœufs attelés deux à deux. Les parents et amis suivaient, et l’on descendait le cercueil par la cheminée placée parfois sur le toit île la mastaba aboutissant au caveau funéraire creusé dans le roc.
Le corps, ainsi descendu, était déposé dans le sarcophage préparé par le mort lui-même, les porteurs déposaient alors des quartiers de bœuf, que l’on venait de sacrifier, et en se retirant, fermaient l’ouverture du couloir, en abaissant les herses et déposant des grosses' pierres disposées à cet effet .
La dépouille funèbre était aussi transportée, parfois, dans une grande barque ornée de fleurs de lotus, et accompagnée d'une quantité de petites barques remplies d’offrandes et de fleurs.
E. Des sarcophages.
Los Égyptiens distinguaient trois sortes de sarcophages, ceux >1111 riaient destinés mi k demeures éternelles, ceux qui servaient à un séjour provisoire, et que l’on utilisait, soit pour le transport d'un corps, soit en attendant que ,-elui de la nécropole fût achevé, eteeuxenlin qui servaient aux deux usages.
Ces sarcophages étaient construits de diverses manières, soit en pierre, en o-ranit rose ou en basalte noir, soit en bois façonné, dans des troncs «h; sycomore «neb-neht», arbre très répandu alors en Kgypte. et dénomme aujourd’hui par nos botanistes. Ficus sycomorm.
On sculptait sur les couvercles de ces sarcophages en bois, comme du reste sur ceux taillés dans la pierre, l’image ou double du mort, puis le masque d’isis ou d’Osiris, et l'on traçait à la pointe, ou 1 on peignait sur h*> côtés, des sentences ou des scènes de la vie du défunt, des transports funèbres, des repas dans l'au-delà, des têtes d animaux, etc., etc.
Les scènes peintes sur les sarcophages pouvaient varier: elles sont -cneralement des illustrations de la vie et des actions du trépassé, ou «‘lies ont
trait à la vie de l’au-delà. * , .
Telle figure représente des bateaux de pèche avec leur équipage :d «tu ■«*>. les serviteurs de la mort ou du mort occupés à leurs travaux, «les pétrisseuses préparent des gâteaux, des esclaves transportent des sacs «le froment, ou des outres remplies de vin ou d'eau, des cuisinières a leurs fours, un bouvier conduisant sou troupeau suivi d'un laboureur allant aux champs, son hoyau sur l’épaule, puis des paysans passant la herse sur les sillons au
moyen d'un bâton muni de rondelles.1
Les sarcophages eu bois étaient ensuite enduits d'une forte couche de peinture luisante, préparée avec de la résine de gomme, dont on n est pas
encore parvenu à reconstituer la composition.
Parfois aussi, les sarcophages en bois étaient déposés dans «les sarcophages en pierre, portant aussi sur le couvercle l'image sculptée «lu mort que Tou pleurait.
Ces sarcophages reposaient généralement sur un socle en pierre, souvent ornementé de sculptures ou de peintures. O11 y déposait <l«'s amulettes, des bijoux ou d’autres menus objets. Parmi les nombreuses amuletU s découvertes par les égyptologues, lesearabeeaux ailes ouvertes ou déploxées. était sans contredit la plus usuelle. Cet animal, se renouvelant de lui-meim selon leurs conceptions, représentait I éternité et la résurrection. Son im.im gravée sur l'amulette était déposée dans la momie même, poui lui tenii lieu «lu rieur. qui. momentanément, la quittait, devant se présenter au tii-
1 Voir Annales du Musée Guimet. XXX. Paris. 1002.
hunal «l’Osiris. Raison pour laquelle cette amulette en pierre ou en terre était gravée d'inscriptions ayant trait à Lame ; le mort demandant qu’on lui rendit son eieur et le suppliant de revenir habiter en lui.
D'autres amulettes représentent un voile dénommé Tet. qui devait selon les textes, identifier le sang d'isis, préserver le mort de tout maléfice, et lui donner le pouvoir d’accompagner Osiris. Nous ne pouvons décrire dans cette petite introduction l’hypocéphale, la colonne de lotus, etc.
F. De la vénération de ces demeures.
Malheur à l'homme impie, qui violait une de ces demeures éternelles, soit pour s'emparer des trésors qui y étaient renfermés, soit pour déposer la momie d'un des siens, à la place de celle qui en était propriétaire !
La mort ne suffisait pas. suivant les croyances égyptiennes, à châtier l impie, mais il devait encore souffrir les pires tourments, comme nous pouvons nous en rendre compte par le texte suivant :
«O chefs, prophètes, prêtres officiants, hommes qui viendrez après moi, dans îles milliers d'années, si quelqu'un efface mon nom pour mettre le sien à sa place. Dieu le rétribuera en détruisant son image sur la terre, si quelqu’un martel le mon nom de sa stèle. Dieu le traitera pareillement. » nue serait devenu le Bi privé ainsi de son double, de son support? Chassé du séjour des dieux et rejeté sur la terre des vivants, il prenait la forme d'un spectre ou d'un démon, se vengeant sur les survivants de l’homme impie et sur ses descendants, jusqu’au jour où la misère, la pauvreté. la persécution l'eussent rejeté dans le néant de la seconde mort.
Superstition, dira-t-on. mais qui subsiste pourtant encore parmi les fellahs du XX" siècle. Ceux-ci détruisent toutes les statues dont les tombeaux ont été profanés, de peur que le Bi ou l’âme des anciens Égyptiens ne cherche à se venger sur eux.
Dans les caveaux funéraires, les Égyptologues ont en outre découvert, lors de leurs nombreuses fouilles, des instruments ayant été utilisés pour inciser la peau des corps à embaumer, des maillets en bois et des stylets métalliques. Ils y ont trouvé de petits ciseaux, servant à fracturer l'os ethmoïde. puis des crochets propres à extraire le cerveau, des cuillers utilisées soit à contenir les substances nécessaires à remplir les cavités abdominales, soit a éliminer les liquides épanchés dans les cavités splanchniques des cadavres: des instruments pointus, propres à perforer la peau et à faire des points de suture, etc., instruments dont l'usage se rapporte au mode d'embaumement décrit par Hérodote.