Chez les Égyptiens
Avant déjà énuméré, au commencement de ce travail, les rai>ons pour lesquelles ce peuple recourait à l'embaumement des corps, la manière de le pratiquer, le but poursuivi, nous n’y reviendrons pas. Par contre. <*rtain> savants ayant émis diverses opinions, concernant les raisons qui poussaient les Égyptiens à conserver ainsi leurs cadavres, nous devons énoncer ici succinctement leur manière de voir.
Cassien prétend, que cette méthode de conservation des corps, avait été instituée par les Égyptiens, qui ne pouvaient en temps d'inondation recourir à l'inhumation.
Hérodote la présente, comme un moyen de soustraire les cadavres a la voracité des animaux féroces.
Diodorc de Sicile l’explique par la piété filiale et le respect des morts.
De Maillet, dans sa Xe lettre, la rapporte à des motifs religieux : les populations égyptiennes croyant qu'après trois ou quatremille ans. l’univers aurait subi une grande révolution, et que les âmes retourneraient au corps qu elles avaient habité, pour les rendre immortels.
Volnen et Parisot voyaient en cette coutume une mesure d'hygiène, pour lutter et combattre la peste et les maladies infectieuses, qu'engendre la
putréfaction des cadavres.
Aucune de ces raisons, à l’exception de celles qui sont fondées sur la religion, n'eût cependant pu pousser un peupleentier. à sacrifier son temps, sa tranquillité, à dépenser des sommes considérables, pour conserver des corps, qui, de par les lois de la nature, devaient naturellement se putréfier pour devenir poussière.
Ainsi que nous l'avons dit précédemment, ce furent les prêtres qui imaginèrent et perfectionnèrent cette coutume de 1 embaumement, afin de seconder l'œuvre du climat, climat et air secs, sables arides, durcissant et desséchant les chairs, exposées aux intempéries du temps ou enfouies dans le terrain mouvant.
Les voyageurs, qui parcourent ces immenses solitudes, ces vastes régions parsemées d'oasis, sont frappés de rencontrer, de ci, de là. des corps humains
oud’animaux desséchés, voire môme momi liés en parlait état de conservation. Ces corps ont été ensevelis sous les immenses vagues de sable que le sirocco soulève et meut.
Profitant de ces conditions climatériques spéciales, les Egyptiens primitifs se contentèrent probablement d'enfouir les cadavres dans le sable, puis ensuite, a lin de mieux en assurer la dessication, ils ajoutèrent Part à la nature, et construisirent des tombeaux, pour les préserver des atteintes des bêtes féroces.
Poussés parleurs prêtres, ils imaginèrent les théories du double, de PAme voltigeant au dessus des sarcophages et des nécropoles, afin de donner plus d’éclat, de grandeur, de faste, à cette coutume de la conservation des corps.
Telles sont les causes probables, telle est l'origine presque certaine de l’embaumement chez les Egyptiens, venus des côtes orientales de la mer Houge. 1
Par leurs procédés d’embaumement, les Égyptiens accomplissaient donc deux actes principaux :
1. Dessécher le corps en le privant de ses liquides, de ses matières grasses. à l'aide du natron, du climat, et par l’enlèvement des intestins.
2. Prévenir la destruction par l'humidité et le contact de Pair, des corps ainsi desséchés, à l’aide de bandelettes imprégnées de matières résineuses et balsamiques, éloigner les insectes qui eussent pu déposer leurs œufs et donner naissance à des larves, néfastes à la conservation des tissus organiques.
Ainsi, six mille ans avant nous, les Égyptiens avaient trouvé les moyens pratiques de l'embaumement, qui sont conformes sous tous les points de vue aux théories et aux exigences de la science moderne.