‹ De l'embaumement avant et après Jésus-ChristChapitre 96 sur 100 · Chez les Grecs et les Romains · texte numérisé non relu

Chez les Grecs et les Romains

Ces deux peuples, actifs, très épris de tout ce qui était beau, grand, fort, ne considéraient les morts que comme des masses inertes, bonnes tout au plus à être brûlées. Aussi ne rencontrons-nous, au cours de leur histoire, que quelques rares cas où l’embaumement fût pratiqué par eux. Homère nous rapporte cependant, que l’on versa plusieurs fois du nectar et de l’ambroisie dans les narines de Patrocle, afin de conserver son corps.

Emilius Probus, Cornélius Népos et Plutarque relatent en outre, qu'après la mort d’Agésilas, ses amis enduisirent son corps de cire, afin de le ramener dans son pays natal, en parfait état de conservation.

Le corps d’Alexandre le Grand fut, selon ses dernières volontés. embaumé, comme Stace nous l’apprend dans les deux vers suivants :

Duc et ad Aematios mânes ubi belliger urbis.

Conditor Iiiblœo perfusus nectare durât.

Son corps embaumé fut enduit avec du miel, placé dans un cercueil en or. et conduit par Ptolémée, sur un char monumental, de Babyloneà Memphis. Dans celte dernière ville, on remplaça le cercueil en or par un cercueil en verre, pour que tous les habitants pussent contempler les traits du grand conquérant.

Matth. 26, 10-12, Marc 14, 4-8, Luc 23, 53. Jean 12. 7.

L< s lois de Home exigeaient I incinération, de sorte que pendant de numineux siècles, les poetes et les écrivains de ce temps ne font nulle part mention de la conservation des corps par une méthode spéciale.

n d entre eux, Corippus. s’exprime pourtant ainsi, dans l’oraison funèbre prononcée en 1 honneur de l’empereur Justinien :

Thura sabraea cremant flagrantia mille locatis Infundunt pateris et odorato balsama succo Centum altcae species unguentiaque mira feruntur Tempus in aeternnm sacrum servantia corpus.

« On lait briller 1 encens de l'Arabie ; les baumes et les parfums de toute espece i emplissent mille coupes, et le corps est à jamais préservé de la corruption par des essences d'une propriété admirable. »

D'après Péniclier '. cette coutume dut, en quelque sorte, se généraliser, car pendant le pontifical de Sixte IV. on découvrit sous la voie Appienne le corps d une jeune fille ayant encore toute la beauté du visage. Il était conservé dans une saumure, dans laquelle il trempait entièrement.

Strabon dit que cette saumure consistait, chez les Assyriens, en miel fondu, et qu'Agésipolisès, roi de Sparte, fut ainsi embaumé.

Seuls les grands hommes avaient le privilège unique d’être embaumés temporairement, pour être exposés aux regards de la foule, qui dans sa vénération en fit même des demi-dieux. Athènes et Home se glorifiaient elles-mêmes, plutôt que de pleurer leurs morts, et l’homme était de trop peu d importance, pour que l'on s'occupât beaucoup de sa disparition et de sa dépouille mortelle.

1 De l’embaumemenl selon les anciens et les modernes.

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