CHAPITRE IV
Avantages de la méthode
Dans le chapitre précédent, nous avons fait ressortir les difficultés importantes de l’embryotomie oblique; il est bien certain que c'est une opération longue, souvent très laborieuse, où la patience de l'accoucheur, sa résistance physique sont mises à une rude épreuve. Ce n'est parfois qu'au prix d'une grande fatigue qu'il arrivera à terminer l'intervention; mais il sera récompensé de ses efforts par d’appréciables résultats.
Nous détachons de l'ouvrage de Potocki sur les méthodes d’embryotomie le passage suivant :
«Il ne faut pas exécuter la variante qui consiste à couper le thorax obliquement afin de garder un bras faisant corps avec le tronçon céphalique; car d'une part cela n’est pas utile, et d’autre part cela complique beaucoup l'opération, puisqu'il faut couper les côtes et la clavicule qui opposent à la section une très grande résistance (Tarnier). » Cette
affirmation toute gratuite est faite pour nous étonper. Nous ne comprenons pas un pareil ostracisme ; car tous ceux qui ont eu l’occasion d'appliquer la méthode de Fochier en furent satisfaits. Nous avons suffisamment fait ressortir l'intérêt réel qu'il y a à avoir un élément de traction pour l'issue de la tête hors des voies génitales; il n’est par conséquent pas inutile d’avoir la presque certitude que l'opération, déjà longue par elle-même, ne sera pas compliquée par l'application finale du cranioclaste ou du basiotribe.
Nous croyons cependant que l’accoucheur parisien a voulu simplement affirmer, dans la citation ci-dessus, la supériorité indiscutable de la décollation sur les autres procédés de division du fœtus. Ilest bien certain que nous n’avons pas l'intention de comparer entre elles les deux méthodes. Chacune a son indication bien spéciale et l’'embryotomie cervicale, opération relativement facile dans la majorité des cas, garde sa supériorité sur toutes les méthodes d’embryotomie, toutes les fois que le cou du fœtus est facilement accessible à la main et aux instruments.
Si l’on veut mettre en parallèle la section de Fochier avec les procédés autres que la décollation, on est forcé de reconnaitre que la comparaison est toute en faveur de la première. Nous avons dit, en effet, au premier chapitre ce qu'il fallait penser de la version et de l’évolution forcée ; nous avons vu combien dangereuses pour la mère étaient ces manœuvres de force; la section de la colonne avec éviscé-
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ration qu'on pourrait appeler l'hémisection thoracique suivie de version forcée doit rester un procédé d'exception; quand on a affaire à une rétraction serrée de l'anneau de Bandl, et qu'il faut faire évoluer dans l'utérus le corps fœtal, même réduit à l’état de coque flexible par l’éviscération préalable, on se heurte toujours à l'obstacle formé par l’adhérence intime qui unit l'organe maternel à son contenu. Ce procédé est donc bien loin de remplir le but que nous nous proposons en exposant l'embryotomie en écharpe : c'est-à-dire l’absention de toute manœuvre de force toujours préjudiciable aux tissus maternels.
Reste l’embryotomie thoracique avec section transversale complète du thorax. Cette division du fœtus en deux tronçons séparés est la seule intervention vraiment rationnelle, vraiment sûre; malheureusement c’est une opération fort longue, beaucoup plus laborieuse que la section en écharpe; la lecture des observations d'embryotomie transthoracique laisse l'impression d’une intervention très pénible, qu'il est quelquefois difficile de mener à bonne fin. La section des tissus est en effet beaucoup plus longue que dans l’embryotomie oblique; les nombreuses côtes que les ciseaux rencontrent opposent une résistance souvent très grande; l'éviscération thoracoabdominale, indispensable, est une cause de plus de retard et de fatigue.
C'est pourquoi nos préférences vont à l'embryotomie rachidienne en écharpe, qui tient ainsi le milieu entre la décollation et la section transthoracique; c'est une intervention précise, méthodique, inoffen-
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sive pour la mère et pouvant par conséquent rendre des services au praticien isolé, livré à lui-même, qui pourra l’exécuter au besoin sans le secours d’un aide et avec de simples ciseaux.