Embryotomio cervicale; 2. Embryotomie en écharpe
Ihoracique.
re
plètement à la main et aux instruments de l'opérateur. Inutile de chercher à l’abaisser ; les manœuvres violentes, telle que la rotation forcée du crochet de Braun pour obtenir la disjonction de la colonne, auxquelles on pourrait se livrer, sont extrêmement dangereuses pour la mère ; il faut donc attaquer le fœtus par la région la plus accessible, celle qui se présente aux doigts de l'opérateur ; on exécute alors une embryotomie thoracique. Si la région fœtale seule accessible se trouve être l'hypocondre, comme cela se voit dans des cas exceptionnels, l'opérateur fait porter son incision à cet endroit ; la section transversale du tronc s'impose.
Mais le plus souvent, c’est le creux de l’aisselle ou les premiers espaces intercostaux que les doigts rencontrent dans leur exploration ; aussi est-ce là qu'il faudra inciser et exécuter, non plus une section transversale, mais oblique, en écharpe.
Cette appellation imagée définit d’une façon tres heureuse le mode opératoire que nous allons étudier. L'embryotomie en écharpe consiste, dans les présentations de l’épaule très enclavées, avec procidence d’un bras, à sectionner le fœtus en partant du creux axillaire qui se présente pour arriver au creux susclaviculaire du côté opposé. On réalise ainsi une section franchement oblique, assez rationnelle d’ailleurs, quand on veut bien se représenter la position exacte d’un fœtus dont l'épaule est profondément engagée, le bras pendant à la vulve.
C’est Fochier qui, le premier en France, semble avoir imaginé ce procédé de division du fœtus. M. le
AD
professeur Fabre a retrouvé dans ses notes un cours que le regretté maitre fit à la Clinique obstétricale, en décembre 1896, dans lequel il expose le manuel opératoire et les avantages de l'embryotomie oblique dans des cas bien déterminés. La veille, il avait eu l’occasion de l’exécuter sur un fœtus en présentation de l'épaule irréductible, alors que la décollation était sinon impossible, du moins dangereuse. Nous n'avons pas pu, malheureusement, retrouver l'observation de cette intervention.
A la suite d’une opération de ce genre qu'il fit à la Maternité de la Croix-Rousse et dont nous relatons plus loin l'observation, M. Trillat a eu l'idée d'entreprendre l'étude de cette variété d’embryotomie. On trouvera dans son exposé de titres et travaux pour le concours d’agrégation de 1907, un résumé très clair de la question.
Aucun accoucheur français, en dehors de l’école lyonnaise, ne parait avoir sciemment employé cel ingénieux procédé. Nos recherches bibliographiques à ce sujet sont restées négatives. À l'étranger, en Allemagne, nous trouvons dans l’ouvrage de Winckel‘ un article assez curieux de Krænig de Freiburg, lequel, au sujet des difficultés présentées quelquefois par l'extraction de la tète après embryotomie, s’exprime ainsi :
€ Si, dans les bassins rétrécis, on prévoit des difficultés pour l'extraction de la tête fœtale, on pourra laisser le bras procident de l'enfant en relation avec
ER ER PE CES sé > Handbuch der geburtshilfe, Von Winckel, 1906. Krænig (Freibure), Chapitre VIT.
le cou, et alors on fera porter la séparation, non plus sur la colonne cervicale, mais entre la colonne cervicale et la moitié supérieure de la cage thoracique, si bien qu'on fera sortir la scie (de Gigli) par le creux axillaire qui se présente. Le bras laissé à la tête servira ensuite à la bonne fixation de la tête fœtale. »
N'est-ce pas une écharpe que le professeur de Fribourg semble faire, mais une écharpe de haut en bas? Le mot seul n’est pas prononcé. En effet, il ferait partir la section à la scie du creux sus-claviculaire opposé à l’aisselle qui se présente à l'opérateur. La crainte de voir la tête rester incarcérée au-dessus de l’anneau de Bandl parait à Krœnig suffisante pour choisir ce mode d’embryotomie. Nous ne sommes pas pleinement de son avis et estimons, pour notre part, que la section en écharpe a des indications plus urgentes.
Dansle Jahresbericht für Gynäkologie und Geburtshilfe',noustrouvonsunecommunicationintéressante rappelant celle du professeur de Fribourg. Dans la discussion sur un rapport d’Arens à la Société de Gynécologie et d'Obstétrique de Dresde à propos de plusieurs expériences d’embryotomie, Léopold fait remarquer que l'extraction de la tête offre souvent de sérieuses difficultés, après la décollation. Aussi conseille-t-il, pour parer à cet inconvénient, de laisser l'épaule qui se présente avec le bras procicent en rapport avec la tête, de manière à faciliter l'extrac-
1 Jahresbericht für Gynäkologie und Geburtshilfe, 1896. Perforation. Embryotomie, page 804.