‹ De l'emphysème traumatiqueChapitre 7 sur 8 · DEUXIÈME SÉRIE D’EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉRIE D’EXPÉRIENCES

Grandes plaies de poitrine.

Premier lapin. — Du côté droit et dans le sixième espace intercostal, on fait couche par couche, dans l’étendue d’environ 3 centimètres, une incision jusqu’il la plèvre pariétale inclusivement. L’incision de la séreuse a 8 millimètres.

On voit alors les mouvements du poumon s’exécuter très régulièrement de haut en bas. L’animal ne paraît pas le moins du monde gêné, il est sur une table et mange pendant ce temps-là.

En pressant légèrement sur le poumon, immédiatement l’air entre dans la poitrine et fait entendre un bruit de soufflet très fort, le poumon revient sur lui-même, mais l’animal ne paraît pas en souffrir; on fait une suture de la peau.

Une heure après, on constate quelques bulles de gaz dans le tissu qui avoisine la plaie. Celle-ci qui était déjà agglutinée, est désunie et l’on est frappé de voir que le poumon est revenu en contact avec la paroi costale. Il n’y a pas d’emphysème.

On déprime de nouveau le poumon avec un instrument mousse, l’air pénètre dans la poitrine en faisant entendre le bruit du soufflet caractéristique, mais quelques expirations suffisent pour débarrasser la plèvre de l’air qu’elle contient, et les deux feuillets de la plèvre recommencent à frotter l’un sur l’autre.

Nous introduisons dans la cavité pleurale une notable quantité d’air que l’on emprisonne en pratiquant immédiatement une suture assez incomplète, avec une épingle ; elle suffit néanmoins pour faire qu’à chaque expiration l’air sorte de la poitrine et vienne soulever fortement la peau.

Le lendemain, l’animal respire normalement, la peau n’est pas soulevée. Il n’y a pas d’emphysème.

Deux jours après, l’animal est sacrifié ; les plaies cutanées et intercostales sont cicatrisées; il n’y a pas d’emphysème; le poumon est parfaitement sain.

Deuxième lapin. — C’est le même qui a faille sujet de la troisième expérience de la première série.

On fait une incision couche par couche du côté gauche, jusqu’au poumon dans le sixième espace intercostal; le poumon ne s’affaisse pas.

On pique alors le poumon en deux places; écoulement de sang. En se débattant et en poussant des cris, l’animal provoque une hernie du poumon du volume d’une noisette; elle est facilement réduite ; alors l’air extérieur entre abondamment dans la plèvre et le poumon se rétracte.

On pratique à la peau une suture. Une heure après, il y a un très léger emphysème autour de h plaie.

Deux jours après, l’animal meurt spontanément. On ne constate pas la moindre trace d’emphysème du côté correspondant à la blessure.

Il y a une pleuropneumonie avec adhérences récentes et épanchements considérables ; le poumon est ratatiné du côté de la colonne vertébrale.

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