COLONISATION
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Action de l'Empire. — Société de géographie commerciale. — Bureau d'exportation.
Jusqu'ici l'Empire ne possède pas de colonies proprement dites, il a étendu simplement son protectorat sur quelques établissements en pays étrangers sans se les annexer, laissant, en apparence dti moins, la charge et la responsabilité à de puissantes maisons de commerce allemandes, vis-à-vis desquelles il a pris le rôle de garant, de protecteur désintéressé et irresponsable. Il agit en politique prudent et économe qui sait modérer ses appétits, il ne s'occupe pas de ce qu'il peut prendre, mais se pose la question de savoir de quoi il a besoin. Ouvrir des débouchés au commerce et à l'industrie de la Confédération, tel est le but que l'on se propose. Après avoir Tait de l'Allemagne une nation militaire et forte, le principal souci du chancelier est d'en faire une nation riche, en développant sa puissance productive, son industrie et son commerce. Dans sa pensée, la prospérité des établissements Tondes a l'étranger, loin de favoriser l'émigration, aura pour effet de la restreindre, en accroissant la richesse publique. Il est eu effet à remarquer que les contrées les plus peuplées et les plus industrielles de l'Allemagne sont celles qui conservent leurs habitants, tandis que les provinces de Posen, des bords de la liallique et du Mecklembourg fournissent le plus fort contingent à l'émigration.
L'action colonisatrice de l'Empire s'étend, à. Angra-Pequena, sur la côte d'Afrique du fleuve Orange au cap Frio; sur la baie de Biafra, en face de l'Ile espagnole de Fernando-Pô ; à Kameroon, sur une partie du Congo; enfin sur la côte nord de la Nouvelle-Guinée et sur les Nouvelles-Hébrides.
L'Empire a multiplié ses stations navales et ses dépôts de ravitaille-
incat dans les diverses mers du globe, ainsi qu'on l'a signalé au chapitre relatif à la marine de guerre; il subventionne des lignes de vapeurs partant de Brome cl de Hambourg pour les ports américains, et demande de nouveaux crédits pour soutenir deux lignes principales qui feraient un service régulier l'une sur Hong-Kong, l'autre sur Adélaïde, Melbourne et Sidney, empruntant toutes les deux la voie de l'isthme de Suez.
Il existe ù Berlin une Société centrale de géographie commerciale, elle compte 300 membres et s'est consacrée a l'étude des questions d'exportation, d'émigration et de politique coloniale. La Société se propose, entre autres buts, d'arriver par la fondation de stations de commerce et de navigation à créer des colonies allemandes; elle dispose de deux organes, les Nouvelles géographiques et l'Exportation, dans lesquels elle insère les communications de ses correspondants en s'attachant au côté pratique; elle a créé un bureau d'exportation qui centralise les informations recueillies et fournit gratuitement au public les renseignements qu'il demande; elle a créé une collection d'échantillons des produits allemands les plus propres à l'exportation (Exporîmustcrlager), et sous le nom d'Exjiort-Dank, une société anonyme qui a pour programme de fournir des renseignements sur les maisons de banque et de commerce, sur les marchandises et les matières premières.
Il s'est fondé en Allemagne de nombreuses sociétés sous le patronage des gouvernements, en vue de développer l'empire colonial, de soutenir les colonies déjà existantes, de diriger les émigrations d'une façon rationnelle.
Les principales de ces sociétés sont: le Deutsche Handelsverein, société fondée par actions en vue de développer l'exportation allemande ; l'Union coloniale allemande ; l'Association pour la colonisation allemande, soutenue par une cotisation annuelle fixée à G fr. 25 c. au minimum; l'Association allemande de l'Afrique orientale ; l'Association coloniale allemande de l'Afrique.
Des maisons importantes de Francfort, de Brome, de Lubeck et de Hambourg, se sont formées en sociétés par actions pour établir des comptoirs, principalement sur les côtes d'Afrique et en Océanie.