‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 15 sur 213 · LIVRE I*», CHAP. 2, DU MOtJPHTT. ^l · texte numérisé non relu

LIVRE I*», CHAP. 2, DU MOtJPHTT. ^l

de h rieurs de la judicature donnés aux Mulazimi frerat (préparés)^ et les Mulazîms examines préalablement par le scheik-ul-îslam ou en sa présence ; dans un pays où Uf;iut au moins élre Mulazlm pour érre employé de bureau! Supposez le professoral conquis uniquement par la caiiacité, et la capacité jugée en définitive par le scheikul-iî»lamou les professeurs danssa dépendance; puis les dix degrés du professorat franchis par autant d'examens el de diplômes, et les examens comme les diplômes attribués toujours au scheik-ul- islam ! Supposez encore les pmfesseurs gradués n'enlrant dans les chaînes de la judicature supérieure , el ne parcourant celles du premier ordre ijue sur la présentation du scheik-ul-ishim ; dans un pays où la judicature comprend Tadminislration! Supposez enfin que la charge même de scheik-ul islam se dcmne a l'anciennelé, parmi les kasi-askers de Romélie;vet le scheik-ul -islam est un maire du palais, avec une quasi-hérédilé! Mais voici ce qu'il faut rabaltre de ce prospectus de gouvernement. Nous ne parlons pas des scheik-ul-islams étranglés, exilés, destitués par violence (i).Le Sultan d'abord peut renvoyer et renvoie un scheik-ul-

(i) Dans un e«pace 4c temps «Mex court, Aki-Zadé

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Tslara, de la façon du monde la plus régulière. Le Bosphore a vu souvent plusieurs de ces dignitaires à la fois, dans leurs palais d*Europe et d'Asie, ni plus ni rooins que des ministres disgraciés. Et sur ce point même , la diftérence avec le visirat est énorme. I^ padischali retiré au fond de son palais ne communique, ne iraçaille qu'avec le grand -visir. C'est là son président du conseil, son ministère, tout son gouvernement. Il est ainsi dans Tattribution du visir de conseiller, de provoquer, d'exécuter les mesures qui se peuvent prendre conlre un scheik-ul-islam. Il n'est pas dans les prérogatives du scheikul-islam, d*eu faire autant à l'encontre d'un visir. Tout cela doit subordonner pour la meilleure partie, les prérogatives du scheik-ul-islam à la

Hussein, Seyîd-Feîz-Ulla , Kodjea-Zade Messout furent, le prciiiier étranglé au cliâleau des Sept-Tours, le second massacré à Constanlinople, ic troisième mis eu pièces par la populace de Brousse et iraiué à la voirie. Mais ce qui est plus exclusif encore de tout pouvoir spirilucl dans le scht îk-ul- islam ^ c'est qu'il y a plusieurs exemples de mouplitis qui redeviennent simplement juges de premier ordre , et s'en vont mourir sur un Sîége de province. Vcul-on quelque chose de mieux P 11 n'est pas sans exemple qu'un Visir ait accordé, par un brevet spécial, le titre de scfaeik-ul-îsiam au kasi-asker de Romélie*

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décision visirielle. Le visir a pour lui le jeu ré- >guIierderiustiluUon kaliphale^contre Tetiquette des cérémonies et de la cour. Aussi les listes de candidature et de promotion judiciaires, avec le Mémoire à Tappui, sont adressées des bureaux du raouphly à un Secrélaire-d'Elat. C'est le visir qui les préseiile; et pour cela il y joint un mémoire particulier en forme de conclusion. Le sultan ne décide que sur ce mémoireJà. Le visir daiileurs n*a point oublié Tancienne juridictiou des oulémas qui lui appartenait, pas plus que le kasi-asker dt*Romélie ne s'est résigné à la nomination e^iclusivc de ses cadis. A la cour enfui et jnéioe auY grands jours de re'ception:Ie scheikul-îslam a besoin de son chaperon Wsîriel, pour obtenir d'entrer. Entre nn nKiitre jaloux et un successeur impatient; le cbef de la judicature ottomane pourrait bien n'être en réalité que le chef de la loi, comme ou l'appelle vulgairement à Constautino{>le. Or le successeur impatient n'est pas seul. I^e privilège de l'ancienneté et du siège de kasi-asker n'est pas tellement absolu, que le sultan n'ait le choix entre plusieurs mollas (juges du premier ordre), les plus anciens et les plus considérés (i). Assez souvent même,

(i) L« tUre dit molla que Ton donne ordinairement

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Tâge est mis de côte; et Ton se décide par toute autre considération. Il faut savoir du reste qu'il y a toujours dans la capitale, un corps nombreux d'anciens juges du premier ordre sans fonctions , lesquels ont élé h peu près tout ce que Ton peut être dans la judicature ottomane, et n'ont plus d'avancement possible que dans la dignité de scheik-^ul-tslam. W se trouve particulièrement cinq ou six kasi-àskers, qui ont une prétention avouée et connue a cette dignité, et occupent, chacun, une position éminente dans les Conseils de la Porte» D'où il est aisé de conclure que le visir ne manque jamais, d'un certain nombre de scheik-ul-islams en survivance et h sa discrétion (i).

Retiré dans ses écoles nécessaires a tous, circonscrit dans ses examens rigoureux et dans ses diplômes qui seraient desbrevets ; appuyé sur son collège d'oulémas où le gouvernement viendrait prendre des juges tout formés et des avis systématiques; le scheik-ul-islam serait encore

aux juges des trois premiers ordres, et que nous ml^me leur avons donné quelques pages plus haut, n^appariient en réalité qu^aux juges du premier ordre.

(i) Ces juges sans emploi ni traitement n'obtîenneiit des pensions spéciales, connues sous l'ancien nom farpalih ^ maischeth, que par le bon plaisir visirid»

UVIIE !••, CBAF. a, DU MOUPBTT. 4^

un personnage avec lequel il faudrait grau* dément compter. Mais nous laissons parler M. d*Ohsson lui-même, quoique les choses aient fort empiré depuis un d^^i-siècle : « L'ordre de promotion n'est rigoureusement obsenrë que dans celui des Muderris de G)nstantinople9 et encore n'est-ce que dans les grades inférieurs. Ce que l'on n'accorde dans ces grades qu'au mérite et à Tanciennetë ; la naissance ou la fortune Temporte presque toujours dans les rangs supérieurs. Les offices les plus importans , soit parmi les Muderris, soit parmi les Moflas, sont aujourd'hui, par le fait, le patrimoine des grandes famiUes : leurs enfans, qui ne font jamais leurs études que dans la maison paternelle , se trouvent initiés dans Tordre des Muderris, étant encore pour ainsi dire au berceau. Il en est de même de ceux des minisiresi des généraux et de presque tous les grands de l'empire, qui tiennent à grand honneur de lej placer dans ce corps respectable. C'est la faveur la plus insigne qu'ils puissent obtenir du souverain..... (i). »

(i) Tableau général de V empire ottoman, r. i^, pw S4.6. — Çjçsi le livre Je plus rempil de*fails ei d'erreurs qo'on puisse ëludier. L'aut^rur né k CoiittanlÎDople oè

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Cela veut dire que le scheik-ul-islAm n'est pas le maître chez lui , plus que dans le gouYornement; et voilà pourquoi le collège des oulémas n'a pu devenir un pouvoir politique. En composant le collège ou la çiajorité du collège, le sotpverain s'est donné à soi-m^me sa consultation. Il en est quelquefois arrivé autrement, par une rév^>ite militaire, par ime révolution de Sérail. Ce qu'il importe de constater; c'est que jamais un ftîwa, par sa force légale ou d'opinion, par cela seul qii'il était délibéré dans le collège àt% oulifmas sous la présidence du scheik-ul-islam, n'a rien changé dans l'empire, rien emp^clié dans le gouvernement. H est bien vrai que toutes les révoltes se sont munies d'un /iî/.^w; que le feiwa alors a valu ce qu'a valu la révolte.

il a passé sa vie, nMgnore rien de ce qui est dans Tcmpire. Mais peut êlre n^y sait- il pas Ja valeur d^une seule chose exactement. La notion critique lui a manqué toul-à-fait. M. d'Ohsson est le père de toutes les î4ées fausses qui se sont répandues sur V islam y depuis un demi- siècle. Cependant il serait à peu près iinpos* sible, aujourd'hui encore, dVtudier Vialam sans le secours de M. d'Ohsson. Pour notre compte; si nous n'avions pas eu <l€ ' Tableau gén^raf, il nous aurait fallu plus de vingt ans peot-élrepo«r faire ce que imhis avmis h&t «B moins et trois sniiéeti.

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