‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 157 sur 213 · LIVRE m, CHAP. 1*% DE MAHOMET. 3oi · texte numérisé non relu

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la science en témoigne souvent ^ à Tencontre des sectes (i). Mais que faire? Après avoir retranché du Coran, à ce qu'il croyait, tous les sujets de dispute; il ne pouvait pas admettre une autorité qui, grâce aux sectes du Bas-Empire, semblait plutôt faire naître les différens que les juger. Tout au contraire ; pour assurer son coup d'Etat contre la parole humaine dans la religion, Mahomet avait besoin d'établir le silence divin sur la terre. Prophète ou prêtre, quiconque dans l'avenir aurait pu de nouveau faire parler le ciel aux tribus arabes, fut ainsi logiquement proscrit, et dit anathème par Mahomet. On retrouve toujours l'homme d'Etat, sous l'enveloppe de l'apôtre. Avec la crainte incessante, très-fondée au surplus, des changemens qui menaçaient l'Arabie et l'islamisme après lui ; Mahomet pouvait-il voir le danger d'un autre côté, dans le mutisme même de son

(i) «Il (Dieu) a établi pour vous une religion qu'il recommaDda à Noé. C'est celle qui l'est révélée, ô Mohammed! c'est celle que nous avons recommandée à Abraham, à Moïse, à Jésus, en leur disant : Observez celle religion ; ne vous divisez pas en secles ; elle est pénible aax idolâtres ; ils ne se sont divisés en secles que depuis qu'ils ont reçu la science , et c'est par ja- Dusie. » (Ch. 42, vers. 11 et 1?.)

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Inrre? C'eût été la conception de l'Église, rien qaecela; de l'Église dëfigurëe et méconnaissable alors par tout l'Orient. Puis enfin reconnaître une autorité spirituelle sur la terre; pour Mahomet et son lirre, c'était abdiquer! Le sacrifice était immense, le problème au-dessus de l'humanité. Nous Terrons comment le prophète-roi est mort à la peine.

Toutefois il ne manqua pas de justice* enyers les serviteurs de cette grande autorité chrétienne qu'il ne lui fut pas donné de comprendre. « Tu reconnaîtras , dit-il au chap. 5, vers. 85 du Coran , que ceux çui nourrissent la haine la plus violente contre les fidèles, sont les juifs et les idolâtres; et que ceux qui sont le plus disposés à les aimer, sont les hommes qui se disent chrétiens. C'est parce qu 'ils ont des prêtres et des moines, hommes exempts de tout orgueil.» A ne voir là qu'une avance faite à des adversaires ; cette disposition exclurait au moins le fanatisme anti-chrétien, attaché par l'Europe au nom du prophète arabe.

Mais il y a plus. Avec la théologie politique qui donne à chaque pays son apôtre et son liçre; Mahomet devait nécessairement conclure à la paix religieuse enire ceux qui avaient reçu les Ecritures, soit par Moïse , soit par Jésus ^

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soît par lui-même (i). Toute haine systématique des juifs et des chrétiens eût élé un contre sens, un démenti à son propre apostolat. Et aussi, la chose eut été contraire à l'intérêt politique du prophète. La paix avec les juifs et les chrétiens permettait h l'Arabie, de conquérir les

(i) M. d'Eichtal convient de ce qni est dît ao Coran, chaque peuple a son apàtre; il professe même qae la véritable mission du prophète de Dieu était en Arabie. M. d'Eicbtal commet donc une grande inconséquence, en toui cas une grave erreur ; quand il présente Papostolat arabe comme un pis-aller pour Mahomet , après l'apostolat de l'univers inutilement tenté. C'est exactement le contraire qui est vrai. Mahomet ae s'adresse à Ytardoers que dans les momens de déception et de colère, quand il craint de manquer l'Arabie ; c'est une affaire de style, eu grande partie une figure orientale. Le prophète, qui accorde en principe que l'on peut se sauver avec le Pentateuque et l'Evangile, ne saurait demander en même temps à l'univers de se convertir au Coran. La prétention absolue d'une religion universelle est expressément et sévèrement condamnée en beaucoup de passages du Coran, dont nous ne citons que les versets 66, 67, au chapitre 22:

« Nous avons établi pour chaque nation des rits sacrés qu'elle suit. Qu'ils cessent donc de disputer avec toi sur cette matière. Appelle -les au Seigneur, car, tu es dans le sentier droit (66). S'ils dispatent encore, dis-leur : Dieu connaît vos actions (67). »

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grandes populatioos idolâtres ou païennes qui se dëtachaient, par lambeaux, du royaume de Perse et de l'empire romain. Cëtail là , sans nul doute , l'objet immëdiat et la juste mesure de la conciliation proposée aux hommes des Écritures par Mahomet; conciliation à son usage et à l'usage de l'Arabie. Nous u' entendons pas dire autre chose. Eh ! qu'importe le reste? Il s'agit des exemples religieux, des conseils apostoliques laisses à l'islam ; il s'agit des souvenirs el des forces que peut encore évoquer, en Turquie, le nom du prophète - roi. Si pourtant Mahomet s'ëtait montré plus d'une fois, infidèle à sa religion et à sa politique ; s'il avait, dans le cours de ses triomphes, abusé de la victoire contre les chrétiens et les juifs! Nul croyant ne songerait jamais à s'en autoriser, dans sa conduite ; opposant ainsi avec impiété, l'homme au prophète. Mahomet était reuvoyëf de Dieu. A ce titre, il ne devait compte de ses actions à personne ; il n'était pas même à la rigueur justiciable du Coran. Il avait ses raisons, connues de Dieu seul, ou des ordres venus du ciel et dont il ignorait le but déBnitif. C'est pourquoi tel acte de prosélytisme et de persécution, sur ce que Mahomet en aurait fait autant, ne serait pas plus justifié dans la religion du

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prophète y qu'il n'y serait permis de prendre plus de quatre femmes, parce que Mahomet en avait sept. Le Prophète-roi s'en est explique net-^ tement, en plus d'une occasion. De telle sorte que dans l'Islam, dans la Turquie aujourd'hui, il ne reste vraiment de Mahomet que son livre^ le Coraru

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