‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 159 sur 213 · LIVRE ni, CfiAP. 2, DU CORAN. Soy · texte numérisé non relu

LIVRE ni, CfiAP. 2, DU CORAN. Soy

justifier à la fois tous les islamismes qui se disputent la conclusion du dëbat oriental. La seule divergence des interprétations corassiques, témoigne peut-être d'un principe assez accommodant, trop accommodant même, dans le livre de Mahomet. On va en juger.

Si le grand écrivain de Y Itinéraire n'a vu dans le livre de Mahomet, qu'u/2 culte ennemi de la civilisation, façorable pctt système à l'ignorance, au despotisme, à l'esclaçage; si, en un mot, Y esprit du mahométisme est pour M. de Chateaubriand, un esprit de persécution et de conquête! L'illustre poète du T^oyage en Orient t%time tout d'abord, qu'il y a repoussement et haine irréconciliable entre les diverses religions lujf chrAîenmîs, bien plus qu'entre les Turcs et les

1^ mière ou de direction. Dans la pensée de Mahomet et

\U dans son texte, l'Evangile et le Pentateoque avaient

.[ijf sans doute une certaine partie de (Mstinction; comme le

^j- Coran même avait une certaine partie de direction. Al-

houda; c'est le principe. Al-forkan; c'est la consé-

quence. Mais cela n'empêche pas le sens fort différent

de ces deux mots « par lesquels le prophète qualifiait

nos livres et caractérisait le Coran. Ce qui est décisif;

c'est que Mahomet n'a jamais appliqué au Penlateuque

ni à VEi^angile, alforkan tout seul , pas plus qu'il n'a

' employé al-liouda pour signifier son propre livre.

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chrétiens. Ce qui n'empêche pas M. de Lamv lîne, il est vrai, d'accuser un corps sacerdotal form^ pltt» la'fd ^^ P^^ corruption^ une incurable théocratie ayant besoin, pour subsister, cb fanatisme et de la guerre- M. Michelct, lui, retrouve dans le Coran ce Dieu que Mahomet a volé à Moïse; si ce n'est que le terrible Jëhovah de la monlagoe juive et de la plaine arabique s'est fait plus Irailable en Syrie, et s'est humanise tout à fait en Espagne, pour finir aux croisades, ne laissant qu iiw^ ombre, une forme vide , d'oii la vie s'est retirëe, et que les barbares beVitiers des Arabes conservent silencieusement sans rinterrogcr. Puis, avec MM. Barrault et d'Eichtal , le Coran n'est plus ni l'islamisme abrutissant et abruti de M. de Chateaubriand, ni cette religion tantôt raisonnable et philosophique, tantôt fanatique et conquérante de M. de Lamartine, ni même la religion historique et territoriale de M. Michelet, laquelle aurait fait son temps et accompli ses évolutions sous les climats divers de Bagdad à Cordoue, de Damas à Surate. Le Coran, pour ces deux reprësentans d'une grande ëcole philosophique; c'est la protestation nëcessaire du matérialisme de l'Orient contre le spiritualisme de l'Occident, le complément religieux de la doctrine de Jésus,

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