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moment, que toutes les religions aient leur côtc^ philosophique et leur côté miraculeux, pour ne pas dire absurde, avec M. de Lamartine. Cela signifie-t-il qu'il ne faut tenir compte de l'islamisrae, que par son côté philosophique? Rien ne serait plus deVaisonnahle.
Dépouiller une religion de ses miracles, de se^ légendes, de tout l'organisme divin qui la
qui se déclarera l'ennemi de Gabriel? Cest lai qui, par la permission de Dieu, a déposé sur ton cœur le livre destiné à confirmer les livres sacrés venus avant lui , pour servir de direction et annoncer d'heureuses nouvelles aux croyans (Coran , ch. 2 , vers. 91).» «Ceuxlà n'apprécient point Dieu comme il le mérite, qui disent : Il n'a jamais rien révélé à l'homme. Disleur : Qui a donc révélé le livre que Moïse apporta pour être la lumière et le guide des hommes? Vous avez appris (de Mahomet) ce que vous ne saviez pas, non plus que vos pères. Dis -leur : C'est Dieu. Et puis laisse-les se divertir par leurs frivoles discours ( Coran , ch: 6, vers. 91). » « Si les Arabes te loameni le àos^ qu'importe , ô Mahomet! tu n'es chargé que de leur faire entendre clairement la prédication (Coran, ch. 16, vers. 85). »
fc Louange à celui qui a transporté, pendant la nuit, son serviteur du temple sacré de la Mecque au temple éloigné àe Jérusalem, dont nous avons béni l'enceinte, pour lui faire voir nos merveilles! Dieu entend et voit tout. « (Chap. 10, vers. i. )
constitue; c'est la défigurer, en définitive, sous prétexte de philosophie. Le procédé bon peut-être pour une impression de voyage, est évidemment fautif pour l'analyse d'une religion. M. de Lamartine veut-il dire sim-^ plement, que le côté philosophique du livre de Mahomet se réduit au déisme? Nous craignons bien qu'avec le procédé analytique de l'auteur, toutes les religions n'en soient au même point. Sans doute l'on serait en droit de demander à M* de Lamartine, si le côté miraculeux d'une religion n'a point aussi sa philosophie. Mais cette question mènerait trop loin. Nous n'empêchons qu'on ne réduise le côte philosophique de l'islamisme, pourvu que l'on tienne compte de son côté miraculeux. De l'aveu même de M. de Lamartine, toute religion possède ces deux côtés-là. Après quoi, il y aura toujours à faire pour la religion du prophète, miracles et philosophie ensemble, une autre constatation d'identité.
L'islamisme de M. de Lamartine n'est donc, à bien dire, qu'une thèse plus ou moins religieuse, qu'on pourrait tout aussi bien agiter à propos du christianisme. Peut-être même l'idée d'un simple théisme corassique, n'appartient- '*'le pas en propre à l'illustre voyageur. C'a été
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là, avant comme après lui, le thème plus ou moins élucide des voyageurs anglais et des publicistes de rAlleroagne, de tous ceux enfin qui ont servi ou cru servir la Turquie en ces derniers temps, y compris la Gazette d'Augsbourg et jusqu'au Moniteur Ottoman. Ça ëtc là surtout, nous l'affirmons dès à présent; c'a été la cause radicale de tous les insuccès de la reforme en Turquie, à commencer par le règne de Mahmoud, et à finir par le double ministère de Reschîd-Pacha.
Système MicheleT;
11 y a longtemps que ces deux sœurs, ces deux moii!és de rhuinanilé, l'Europe et l'Asie, la religion chrétienne et la musulmane, s'étaient perdues de vue, lorsqu'elles furent replacées en face par la croisade et qu'elles se regardèrent. Le premier coup-d'œil fut d'horreur; il fallut quelque temps pour qu'elles se reconnussent, et que le genre humain s avouât son identité. Essayons d'apprécier ce qu'elles étaient alors, de fixer quel âge elles avaient atteint dans leur rie de religion.
L'islainismë était la plus jeune des deux, et déjà pourtant la plus vieille, la plus caduque. Ses destinées furent courtes; née six cents ans plus tard que le christianisme, elle finissait au temps des croisades. Ce que nous en voyons depuis , c'est une omhre , une forme
vide d'où la vie s'est retirée, et que les barbares hérî tiers des Arabes conserveni silencieusement sans Finterroger.
L'islamisme, la plus récente des religions asiatiques, est aussi le dernier et impuissant eûbrt de l'Orient, pour échapper au matérialisme qui pèse sur lui. La Perse n'a pas suffi , avec son opposition héroïque du royaume de la lumière contre celui des ténèbres , d'Iran contre Turan. La Judée n'a pas sudfi , tout enfermée qu'elle était dans l'unité de son Dieu abstrait , et toute concentrée et endurcie en soi. Ni l'une, ni l'autre n'a pu opérer la rédemption de l'Asie. Que sera-ce de Mahomet qui n'a fait qu'adopter ce Dien judaïque , le tirer du peuple élu pour l'imposer à tous? Ismaëi en saura-t-il plus que son frère Israèi ? Le désert arabique sera-t-il plus fécond que la Perse et la Judée?
Dieu est Dieu , voilà l'islamisme ; c'est la religion de l'unité. Disparaissse l'homme^ et que la chair se cache : point d'images, point d'art. Le Dieu terrible serait jaloux de ses propres symboles ; il veut être seul à seul avec l'homme ; il faut qu'il le remplisse et lui suffise. La famille est à peu près détruite ; la parenté, la tribu encore, tous ces vieux liens de l'Asie. La femme est cachée au harem ; peu de rapports entre les frères, les parens : le nom de musulman remplace ces noms.
Point de Christ , point de médiateur^ de Dieu homme. Cette échelle que le christianisme nous avait jetée d'en haut, et qui montait vers Dieu par les saints, la vierge, les anges et Jésus, Mahomet la supprime ; toute hiérarchie périt , la divine et l'humaine.