LIVRE ni, CHAP. 2, DU COEAN
plain-pied, et que les autres n'y pouvaient venir qu'à travers des luttes et des transformations successives. L'e'chelle du dogme catholique était haute à descendre , par les patriarcats, les synodes, et toutes les églises indépendantes. Mais ^^ au dernier degré, tout au bas; le puritain avec sdi Bible ressemble, à s'y méprendre, au musulman avec son livre. C'est, dans les meilleurs jours, le même caractère de croyance, le même fanatisme d'action* On dirait vraiment sortis des légendes arabes, les types fameux de Walter Scott et de Cooper (1).
Chaque croyant de l'un et l'autre livre a sa manière d'inlerpréter son texte; et quelle que soit Téloignement des deux livres, ils se réjoignent aisément par la libre interprétation*. En cet état religieux, il n'y a pas même ^hérésie proprement dite, puisqu'il n'y a personne pour en juger. C'est ce qui a fait écrire à Spinosa, que la religion de l'Islam ne connaissait pas les hé--
(i) Il est fort remarquable que les Doms même se t ressemblent. Ainsi les puritains s'appellent souvent les
!^ résignés ; c'est la signification propre du mot musulman.
Le type du puritanisme se nomme , dans les Puritains de Cooper, Soumission (le Capitaine). C'est la soumission qui caractérise la perfection islamique , dans le livre de Mahomet. Islam ne veui dire que résignation.
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37a DR MAHOBIET ET DE SON LIVRE.
résies. El ce mot de Spinosa sur le G)ran« vaut mieux à lai tout seul, que toutes les Tolumineuses dissertations de rAllemagne et de l'Anglelenre* Spiuosa a dit là, le sens profond du G>ran ; à tel point que, pas plus aujourd'hui qu'aux premiers temps de Thegire, nulle autorité dans rislam n'aurait compétence pour déclarer, contraire au livre de Mahomet, soit l'interprétation philosophique de M. de Lamartine , soit Tinterprëtation chrétienne de M. Barrault. C'est que l'incarnation morte du G>ran, exclut la vie du verbe divin dans l'Islam. C'est que si le ^'^ifrA^ proclame' une fois, expire et s'éteint; ce n'est plus le Verbe de Dieu qui dirige la terre, c'est un écho humain qui l'agite. Si le T^erhe n'est pas vivant dans Thumanilé ; la terre ne tient plus au ciel, l'homme est son maître , le maître de sa religion en défim'tive. Tout, jusqu'à Dieu, est remis au hasard. Encore une fois; qu'on ne prenne ceci pour une préoccupation, ni pour une vaine montre de catholicisme ! Nous Voulons dire uniquement, par où Mahomet a manqué sa religion. C'est qu'après tout, il n'y a point de dogmes féconds sans l'Eglise , comme il n'y a point de religion sans l'Homme-Dieu^ Et que Ton y regarde d'un point de vue quelconque ; l'église de Jésus-Christ reste toujours