LIVRE ni, CHAP. 2, DU CORAN
la plus haute donnée de l'esprit humain, la seule donnée qui puisse satisfaire au problème religieux de T humanité. Ou peut opposer la raison aux dogmes, et a Dieu peut-être. Mais une religion sans église ; cela ne se comprend pas. Ce n'est point auidessus de la raison ; c'est au-dessous. Une religion dont personne sur la la terre, ne peut dire souverainement où elle est, en quoi elle consiste ; ce n'est pas une religion. Cest tout ce qu'on veut en fait de croyance ; c'est toutes les croyances à la fois peut-être, mais ce n'en est pas une seule que l'on puisse exprimer. C'est à l'Eglise particulièrement que revient le mot de Voltaire ; si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer.
C'est pourquoi nous n'hésitons pas à dire, que le Coran ne mérite point sa réputation. L'état actuel de l'Orient ne prouve rien. C'est le même principe de protestantisme, qui a amené une stagnation générale chez les peuples de l'islam, un mouvement désordonné dans l'Amérique du nord, et une partie de la législation en Angleterre. Habent sua fata lihelli. La Bible et le Coran ont agi sur des peuples placés dans des milieux différens ; et voilà tout. Les résultats apparaissent aujourd'hui, dans une opposition si complète, qu'il est peut-être difficile de recqnr
naître l'idenlitë des causes. Essayons pourtant. El d^abord uoas savons bien que le Coran a toujours occopiÇ plus de place Y chez les Croyans; que la Bible chez les Dissidens, ëmigrës ou non, de la Grande-Bretagne. Maïs il n'y avait pas moins, des deux parts, la mérae tendance religieuse à régenter exclusireraent la vie humaine. Il est fort aisé de dire k présent ^ en plein dix - neuvième siècle , que le protestantisme el les cultes religieux sans Eglise souveraine, sont lole'rans de nature, modérés d'action. La chose est d'autant plus commode, que de pareilles religions , pour nous servir d'un mol impropre , n'ont guère pu se faire juger à l'œuvre dans le monde, autrement qu'en faisant de nécessité vertu. Toutefois celles qui ont eu cette bonne fortune, doivent témoigner pour les autres.
Les puritains d'Angleterre, les chercheurs d'esprit comme Cromwel , étaient - ils tolérans et modérés? Nousne parlons pas de ces Communautés entretenues^; en chambre ou en appartement , qui ne sauraient témoigner que de leur dégradation impuissante ; qui n'ont pas même de nom , si ce n*est le nom de la rue où elles protestent violemment de leur néant. Les méthodistes anglais dont M. Prilchard est le type (idèie aujourd'hui, montrent -ils beaucoup de