LIVRE ni, CHAP. 2, DU CORAN. SyS
tolërancc et de réserve ? Les purs luthériens de la Prusse , en ont-ils montre davantage à l'ar* chevéque de Cologne, dans la citadelle de Spandau? Où s'est trouve, de tout temps, le prosélytisme le plus immodéré et le plus enva-» hissant; chez les missionnaires du catholi* cisme ou ceux du protestantisme ? Il n'y a pas jusqu'au déisme philosophique, que Ton ne cite fort mal à propos. Ce n'est pas le déisme qui est tolérant, qui laisse faire et laisse passer; c*est la philosophie. VoycK le déisme barbare ! 11 est capable de tout, dans sa fureur. Il m^t à mort^ sans merci, tout impie qui n'adore pa« ses fétiches. C'est la barbarie sans doute, qu'il ea faut accuser. Cependant, que l'on y regarde! Les peuples à l'état de barbarie, ne sont pas féroces de tout point. Sur l'article de leur croyance plus ou moins théiste; ils vont de plain*pied à toutes les fumeurs, à toutes les atrocités. Et ajoutons que la philosophie ne montre le déis-* me, qu'à la condition d'un théorème plus ou moins exact. Montrer ainsi Dieu, c'est l'an-» nuler. Ce n'est plus une croyance qui échauffe le cœur et la tête , ce n'est pas même une solution qui satisfasse ; c'est le vide d'une formule. Avec l'Eglise souveraine, la barbarie religieuse fnéme vit sous une règle et une discipline qu\
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la peurent contenir; car l*Eglise sait re qu'elle ▼eut. Sans gouvernement religieux; rigoorance naturellement exalte la crédulité, et la croyance ne se connaît plus de limite. D'où il suit au moins qu'il ne faut pas trop se révolter à Tidée, que le protestantisme islamique ait pu, comme un autre, se montrer tout d'abord intolérant ou envahissant, et amener enfin ce que nous voyons. Ceci posé, il reste à expliquer comment un principe identique a porté en effet, chez les nations que nous avons nommées, des fruits si différens. Il n'y a que deux principes féconds dans le monde ; la souveraineté spirituelle et la souveraineté temporelle. Par tout pays, dans tout milieu social, barbare ou civilisé, l'huma^ nité n'a que deux formes vitales et puissantes ; la Religion et la Loi. Lie protestantisme est donc condamné à se féconder du principe de la souveraineté spirituelle, ou du principe de la souveraineté temporelle ; k se faire religion ou loi. Il réussit quelquefois à exploiter les deux principes ensemble, et parvient à se faire une existence quasi-religieuse et quasi-légale. C'est à quoi il est parvenu en Angleterre , et c'a été sa meilleure chance connue. Le protestantisme li'a pas eu de mal à y prendre de l'autorité spirituelle, ce qu'il lui en fallait à la rigueur, pour se