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nos tribus en Algérie. I^ prësident de la cour d'a8&ises lui donne lecture d*uiie loi qui fait partie textuelle du Coran, et lui demande s'il la connaît; si l'Âccusë, marabout aussi, peut l'ignorer. Le ministre religieux répond iiaiVemenft : « Je ne lis que les prières; nous ne sommes ici « que des marabouts communs, non de ceux « qui expliquent la loi.» Cela veut dire que les marabouts distingues, sont les juges et les légistes. Evidemment la croyance est tombée à toute extrémité de la vie légale.
La Loi peut-être, dans l'islam , devait avoir une 6n tout aussi phénoménale, que la religion. La loi s'était faite malgré tout. Mais la souveraineté temporelle avait eu beau faire ; elle avait été trop faible, pour se dégager touth-fait du principe protestant. La loi vivait, mais d*une vie incomplète et mutilée; c'était la vie disputée par un cadavre. La souveraineté temporelle n'avait ainsi qu'une manifestation insuffisante , contre laquelle d'ailleurs la croyance se tenait , au moins , k l'état de pro* testation. A cela , deux conséquences. La première ; c'est que jamais l'on n'a eu , dans l'islam ^ une idée nette de la loi, de son principe distinct, de sa pleine autorité. Il y a toujours eu loi et loi pour chacun; et suivant l'occasion,
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le principe protestant s'e.st employé contre les lois de tou^e sorte , qui ne se trouvaient pas textuellement ëcrites dans le livre divin. M. de Sacy, avec son admirable sagacité qui dépasse la science même, a mis le doigt sur cette plaie de Tislam (i). La seconde conséquence ; c'est que jamais , non plus , la législation islamique n'a été un instrument, qui pût faire l'œuvre de la souveraineté temporelle par tout pays. La loi affaiblie par la lutte incessante que nous avons dite, n'avait pas sa fonction normale* En d'autres term^, la filiation souveraine des lois n'é-? tait ni claire en principe, ni assurée en fait; et leur action devait naturellement s'en ressentir. C'est pourquoi la Loi, dans l'islam, a fait défaut à la société et à la civilisation des croyans. Elle a trouvé la barbarie, et elle a laissé la barbarie. Chargée des entraves que nous savons, elle n'a suffi qu'à grand'peîne au strict nécessaire de tout état social ; le nécessaire d'ordre matériel , de police gouvernementale. Quel ordre, et quelle police! Nous le dirons dansJ'OaiENT. Ce que tout le monde sait ; c'est qqa les peuples orientaux, à l'heure qu'il est, en sont à peu près au point oii le livre de Mahomet les a pris. Le^
(|) Voyez rAppendice, n» 13t,
nadoos musulmanes sont restées légalement stationiiaires. On dirait que rhumanité s'est arrêtée devant le protestantisme orientait si l'humanité pouvait jamais s'arrêter; comme le soleil «levant Josué (i).
(1) M. de Lamartine en i83i, comme M. de Chateaubriand en 181 1 Y s'est beaucoup étonné de ne rencontrer par les chemins, que des Aqueducs en ruine, àe$ Ponts^quî croulaient, des Kans abandonnés. L'illustre voyageur s'indîgne de ce que VÉtai ne fait rien pour rÉitat II y en a pourtant une raison asjez simple ; c'est qu'il n'y a^oint S! État, comme il n'y a point de LaL U n'y a à^État, qu'un essai, un commencement de formation auquel a pu suffire la loi islamique. « Si ces « premiers établissemens, continue M. de Lamartine, N ont été le fruit du zèle religieux et individuel; on «c doit en conclure que chez les musulmans la religion s^trfr i( faiblit, etqu'aoec la religion, Vétai social est au moment « de s*^crouler, » Nous ne demandons pas mieux. Mais de ce que les efforts d'une croyance naissante, ont amené ^n état social que cette croyance est impuissante même à entretenir, à présent que le zèle s'est refroidi; il ne résulte pas, en bpnne logique, qi|e les populations arriérées à cet état-là, soient incapables de s'acheminer vers un autre. Ce qui est impuissant, c'est la croyance religieuse ; ce qui est vermoulu, c'est la forme légale de la société islamique. La Turquie ne doit ainsi compter peut-être, pour sa régénération, ni sur le zèle religieux de l'Islam, ni sur l'action de sa loi. On peut
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Telle est, à ce que nous croyons, la juste part, où II faut rëduîre la monstrueuse réputation du Coran et sa souveraine omnipotence. Tout ce qu'on impute en plus au livre de Mahomet, en fatalisme, en fanatisme, et autres vices qui affligent l'Orient, n'est que de la déclamation. Cest la barbarie qui est fataliste, ce n'est pas le Coran. Quanta l'imputation de fanatisme, qui du moins semble reposer sur des faits ; il faut se bien entendre. A ceux qui prétendent que le Coran déclare toutes les populations de la terre, bonnes à conquérir et à pressurer par des musulmans ; qui disent que Ton ne persuadera jamais à un Turc, que le musulman et le chrétien ont été faits du même limon; qui en concluent assez justement que toutes les iniquités et toutes les abominations découlent du livre de Mahomet ; nous n'avons rien à répondre, si ce n'est que le Coran est écrit, et qu'il n'y a qu'à le lire pour se con-
en conclure que la difficulté d'une réforme en 1 urquie, est bien grande sans doute ; mais insurmontable, non. Qu'il nous soit permis de faire observer à M. de Lamartine qui, lui, place la philosophie politique au-dessus de la rouline des hommes d'état ; que le problème de la barbarie à la civilisation ne s'est résolu d'ordinaire, ni par une bonne religion, ni par une bonne loi! A ce compte, la civilisation serait trop facile.
vaiucre de la fausselë de pareilles accusations. Se bome-t-on à dire que le Coraa est un code de fanatisme, en ce sens que des actes appartenant plus ou moins à la croyance religieuse de l'islam , s'y trouvent légalement prescrits sous des pénalitës sauvages, jusqu'à la peine de mort inclusivement? Nous pourrions repondre encore qu'il n'en est rien , que le G>ran est pur de semblables ënormites. Mais nous acceptons pour loi corassique, ce qui n'est pas précisement la loi corassique ; la loi dogmatique qui s'est formulée, à tort ou à raison, d'après le Coran. C'est là le fanatisme de tous les principes impuissans. C'est l'intolérance de tout dogme religieux, qui est obligé de se faire loi. Moins il peut, plus il veut. Ne pouvant mettre la loi au service de Dieu , il la sollicite au sien. Ne pouvant obtenir de la loi qu'elle le manifeste davantage, qu'elle le fasse religion; il en obtient ce que l'on a vu partout ailleurs que dans Tislam, qu'elle le proclame et l'assure contre tous autres dogmes, contre toute religion. Ne pouvant, au fond, s'imposer à la conscience de personne; il parvient à s'imposer jusque dans la profession publique et légale de tout le inonde.
Cependant, il n'y a que deux choses dans le