‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 198 sur 213 · LIVRE m, CHAP. 2, DU CORAN. Hggf · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAP. 2, DU CORAN. Hggf

principe absolu. Que si elle panient à riiuposer, à récrire dans un code , dans une constitution; elle produit un acte de force, qui dure ou prend fin par la force ; el c'est tout (i).

(i) On revient, de lios jours, h dire que la loi doit être l'expression d'un dogme. C'est tout l'Évangile que l'on veut faire passer dans la loi. La loi est ou sera bientôt plus chrétienne que l'Église et sa religion. Je n'ai pas à intervenir, ici, dans une querelle religieuse on irréligieuse. Cette tentative vraiment corassîque me paraît d'ailleurs sans grand danger, pour la loi en France; et l'Église a d'autres défenseurs que moi. Mais il est clair comme le jour, que si le christianisme ne venait pas à bout de la loi, la loi viendrait à bout du christianisme de M. Quinet. H arriverait de trois choses l'une ; ou la religion serait emportée comme en Amérique, ou e\\t serait constituée comme en Angleterre, ou elle serait faite loi comme en Turquie. En France encore une fois et an dix-neuvième siècle , il n'est pas difficile de dire ce qui arriverait. Cependant il y a deux sortes d'esprits, qui rêvent une loi chrétienne on dogmatique. Des penseurs qui ne se préoccupent que de la souveraineté spirituelle dont ils ne veulent pas, qui veulent bien un dogme à la condition d'en être les docteurs et de ne relever de personne ; el des républicains qui poursuivent sérieusement un christianisme légal, une société évangéliquei Les uns ne vont qu'au panthéisme, signalé dès long-temps par mon illustre maître et ami Benjamin Constant. Les autres

4oO DE MAHOMET ET DE SON LIVRE.

La morale corassique, la morale légale de riftiam n'esl pas mauvaise en soi, comme l'on a po Toir. Et la preure, c'est qu'en la dégageant de son caractère de légalitë, personne n'y trouve à redire ; si ce n*est en quelques points accessoires, qui n'empêcheraient certainement ni la reforme ni le progrès de la société rausulmane. Cela pose, et la loi corassique ou islamique connue pour ce qu'elle vaut ; il ne reste donc qu'une question de force dans l'empire ottoman ^ reformer. Que Ton ne parle plus de religion lëgale, de loi religieuse ni dogmatique! Il ne s'agit que de savoir si les Ottomans

marchent au commanisme politique, échelonné sur la roote par des organisations de traoàiL On a dît souvent que la loi du Coran tendait à réaliser sur la terre, une vaste communauté. L'Evangile fait loi n'aboutirait pas à antre chose. Aussi admiré- je comment des hommes émioens de tous les partis, fort opposés, sans aucun doute, à l'une comme à l'autre de ces conséquences; se bataillent , en ce moment, sur des points réglés par l'Homme-^Dieu : « Mon royaume n'est pas de ce monde.» Ce n'est pas là un texte banal, qu'il soit de bonne guerre d'opposer à l'Église. C'est la suprême raison de la religion et de la loi ; c'est l'expression divine de l'humanité même. La souveraineté spirituelle n'a point à légiférer ce monde; mais la souveraineté temporelle, non plus, n'a point à légiférer l'Église de Jésns.

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