LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAK. /f
ter quelque chose. On sait le rôle delà mischna{i^ chez les Juifs, espèce de charte temporelle des rois de la Judée , recueil purement humain de lois et ordonnances pour l'application de la grande loi divine du Pentateuque. Si Mahomet ne proscrivait pas toute mischna islamique; il laissait son Islam ouvert aux disputes légales ^ après l'avoir ferme aux disputes religieuses. Son livre amenait les sectes hébraïques, au lieu des sectes évangéliques. On ne jugeait plus uniquement d'après le livre de Dieu , d'après les commandemens venus d'en haut. Evidemment, pour que le Coran fût souverain ; pour que sa souveraineté fut à l'abri des schismes de la re-* ligion et des déchiremens de la loi^ il fallait que le Iwre enfermât le dogme et l'église, là' loi et l'ordonnance. Qu'était-ce après cela que l'autorité dogmatique et légale l'Islam? Pouvaitelle, sans forfaiture, aboutir au dogme et aux lois que nous savons? Le prophète et le Coran n' ont-ils point ainsi condamné d'avance, l'œuvre postérieure et nécessaire pourtant du protestantime islamique?
C'est que Mahomet n'a vu l'humanité qu'en Dieu. C'est qu'il conds^mne dans l'Homme, pré-
(i) Foy« l'Appendice, n® X.
4l6 DE MAHOMET ET DE SON LIVRE.
cisëment ce qui le sépare de Dieu. Le livre divi pourvoit à tout. Entendre, c'est obëir. Croîre c'est pratiquer. H n'y a point d'autre souveraineté. Le prophète n'a pas compris qu à la religion comme à la loi, il fallait un organisme bumain pour vivre sur la terre; à la religion, l'organisme de la souveraineté spirituelle ; à la loi, l'organisme de la souveraineté temporelle. Pour Mahomet, c'eût ëté distinguer deux souverainetës en Dieu même. Aussi s'agite-t-il incessamment, dans cette stérile abstraction de Dieu, pour en faire sortir ce qui n'en sortira jamais, une religion et une loi. Il met son idée de Dieu partout , et ce Dieu idéal ne lui suffit nulle part. Il s'en aperçoit et s'en irrite. De là, les contra- "dictions. Il est bientôt forcé de coudre à sa donnée du ciel, quelques oripeaux de la terre. Le prestige de la prophétie et l'ardeur d'une nouvelle croyance, peuvent sans doute lui apporter des illusions. Mais le génie de Mahomet accuse trop haut son impuissance. Le Iwre en porte l'éclatant témoignage. La société islamique vivra selon le Coran, ou elle ne vivra pas. Mainte fois, le prophète se désintéresse de soa œuvre impossible, et se résigne à retourner au ciel. Il renvoie tout à Dieu.
Que sera-ce donc, quand le prophète aura
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