LIVRE II, CHAP. I, UV DOGME
Q.siFarouck, mol arabe qui signifie sagace, fin, ingénieux; Omar-Farouk est devena parmi nous le Farouche Omar.
3i® Le règne religieux des quatre premiers caliphes doit être placé dans le même ordre de prééminence que leur personne.
Le savant M. d'Ohsson traduit le texte arabe par le règne sacerdotal. Comment un sacerdoce aurait-il un ordre chronologique de prëémînence.'^Et ceci n'est pas une chicane de mots- Le dogme musulman dénie tout sacerdoce. La version même du respectable auteur n'impliquet-elle point cette dénégation? Un règne sacerdotal qui irait s'abaissant d'un degré, à chaque changement de personne, serait-il un vërit^tble sacerdoce? M. d'Ohsson, au surplus, n'avait qu'à tenir compte de la ^ose qui suit cette formule du règne religieux ou sacerdotal j dans le catéchisme que nous analysons après lui, et qu'il a d'ailleurs traduite fort exactement. La voici: « G' est-à-dire la légitimité de leur élection et de leur succession au calipfaat. » Cest donc à leur titre électif et successif tout seul, que les quatre premiers caliphes doivent letir prééminence, ou plutôt leur décroissance jusqu'au terme fatal. Or ce titre-là, évidemment, ne re^
lève que de la terre et n'a rien de sacerdotal. Od comprend d'ailleurs un règne plus ou moins religieux ; mais plus ou moins sacerdotal , cela ne se comprend pas, si ce n'est dans un sens qui dénie le sacerdoce même.
Sa* Le calîphat n'a réellement duré que trente années, après quoi il n'y a eu que dominations, puissances, souverainetés temporelles.
Ici encore M. d'Ohsson n'a pas traduit par souçerainelés temporelles; tant le préjugé de l'existence d'un sacerdoce islamique est puis* sant. Mais l'auteur n'a pu se défendre de mettre en note : « Puissances censées purement tem* porelles et séculières. » C'est pourquoi le sacer* doce caliphal, si sacerdoce il y a eu, a cessé d'exister trente ans après la mort du prophète. Impossible d'échapper à cette conséquence, par la loi (i) qui aurait continué le titre de caliphe dans rislam. Le caliphat sera un titre légal , et voilà tout ; religieux comme laloi, et rien de plus. Nous avons dit ailleurs ce qu'avait fait la loi sur ce point. La loi pouvait-elle démentir le dogme, et le dogme pouvait-il démentir, à ce point, le Coran et Mahomet (2) ?
(i) F'qjrez r Appendice, n® VI.
(a) M. d*Oh$son lai-méme tradait ainsi les paroles de Maho-