‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 37 sur 213 · LIVBE II, CHAP. I, DU DOGME · texte numérisé non relu

LIVBE II, CHAP. I, DU DOGME

Voilà du pur christianisme et qui peut-être force un peu le texle corassique. En gënëral, les docteurs musulmans se sont rapproches « autant qu'ils l'ont pu^ des doctrines de l'Eglise. A bien dire, le dogme tout entier n'est qu'une aspiration vers Tautorîtë qui lui manque. C'est ainsi qu'après beaucoup de controverses, l'on n'a pas exclu la prière de Y Incroyant. Il y a là un démenti flagrant à la pleine suffisance de ce dogme, qui voudrait poser les conditions du salut comme Ton formule des articles de foi.

56^ Les signes de la fin du monde seront la venue de l'Anté-Christ, l'apparition de la verge de Moïse et du sceau de Saiomon , la descente de J^sus-Christ sur la terre, etc.

Nous citons cet article, uniquement pour montrera quel point la doctrine musulmane avait conscience de ce qui lui manquait. Pourquoi Je'sus-Christ sur la terre, si le Verbe divin y est déjà, ou dans le Coran, ou dans le dogme, ou dans la loi, ou quelque part que ce soit.^ Pourquoi un nouvel envoyé'; s'il y a quelqu'un, r^/i«> phe, imam, ouléma qui ait mission divine? Pourquoi ces attributs et ces reprësentans d'une autre religion, si l'Islam a les siens? Quant à faire de Jésus un dernier caliphe, comme a fait

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M. d'Ohsson ; ce ne peut être qu'une mëprise ëchappëe à ce respectable Savant. Avec Tidëe d'un caliphat divin au 3urplus, il ëtail difficile de dire de Jësus autre chose qu'un caliphe. Mais tous les oulëmas que nous avons consultés sur ce point , ont paru scandalises de la question même. Leur réponse unanime a été celle-ci : « Doctrine d'Imam ! » Cest à peu près comme si nous disions en France : « Religion de sacristie ! j»

Sj^ Les docteurs MudjhUhidds même n*ont pas PinfaîlUbUité.

Ce nom de mudjhtehidds comprend les plus saints interprêtes de la parole de Dieu , jusqu'aux prophètes sts envoyés ; M. d'Ohsson en . convient. Gomment un dogme alors? comment une Eglise? quel dogme, quel sacerdoce est-ce là ? Mahomet lui-même a donc pu se tromper! tout ce qu'on a recueilli de lui dans la Sounna, nedoit être accepté que sous toute réserve. Il n'y a d'absolument vrai , de croyance certaine , de pouvoir souverain, que le Coran de Dieu (i).

(i) Gela ne veut pas dire pourtant qu*il n*y ait- point d autre dogme islamique que le Coran. Pour être inconséquent, le dogme qui précède n*en est pas moînf profe5«ë et suivi exclusivement en Tuiquic

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Plusieurs hérésies s Vlaient accordées, daiisTIs-^ lam, à proclamer rinfaillibilité de quelques docteurs, de quelques Imams des premiers siècles au moins. Rien de plus logique et de plus nécessaire , à notre avis ; si Ton voulait enseigner le Coran par un dogme ou Tappliquer par une loi. Mais en même temps; rien de plus contraire à l'évidence divine du livre incréé, et à la parole écrite du prophète. Et ce qu*il y a de remarquable , c'est que les hérésies de l'iVifaillibilité islamique n'avaient pas la prétention de se justifier par aucun texte du Coran. Elles réputaient naïvement les imams et les docteurs dont ils s'agit, prédestinés à expliquer et à interpréter le livre divin. N'était-ce point là un supplément à la révélation de Mahomet; un effort nouveau de prophétie pour constituer une sorte de concile temporaire et d'Eglise à terme? C'est ce que Tarticle précédent a pour objet de condannner.

58^ Les prophètes parmi les hommes sont aa-^essus des prophètes parmi les anges , comme Thomme est an-dessus de Tange ; quoique le prophète angëiiquc soit au-dessus du genre Tiumain.

C'est là sans doute ce qui a fait dire que les anges n'étaient pas un intermédiaire entre le

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cîcl et la terre de Tlslam. Mais qa importe que l'ange soit au-dessus ou au-dessous de T homme, par sa nature; s'il procède de Dieu à Thorame, par sa fonction ? II y a d'ailleurs , comme Ton verra, anges et anges dans Tislamisme. Les archanges sont proclames au-dessus de rhurnauitë. Mahomet lui-même ne communique directement qu'avec l'archange Gabriel, sauf sou voyage nocturne. C'est de Gabriel qu'il tient le Coran (i). Le dogme a voulu être plus clair que le livre, et il l'est un peu moins. Tel qu'il est ; le dogme suffit à confirmer ce que nous avons dit des intermédiaires célestes dans l'Islam.

(i) L*ange Gabriel, disent les écrivains nationaux, remit par ordre de rÉternel, à son prophète, dans les vingt-trois dernières années de sa vie, feuillet par feuillet, chapitre par chapitre , iout le livre du Cour*ann. Ce grand ministre des volont<b du Seigneur, «joutaient-ils, qui avait apparu douze fois à Adam^, quatre fois à Enoch, cinquante fois à Noé, quarante-deux fois à Abraham, quatre cent fois à Moïse, et dix fois'à Jësus-Qhrist^ honora de sa présence le dernier et le plus auguste des prophètes vingt-quatre mille fois. Il ne lui apparaissait jamais que le visage resplendis-^ sant de gloire et de lumière ; ils exhalait autour de lui les parfums les plus odoriférans, et s'annonçait par un bruit sourd, salsale, semblable au son de petites cloches; sa présence jetait toujours reffroi dans Tâme du prophète; une sueur froide couvrait tout son corps. Il eut aussi, très-souvent, Tapparition de Tange Israfil dans les trois premières années de son apostolat.

(/!/. d'Ohsst/n, tom. i, pag. 87.)

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