‹ De l'Empire ottoman, de ses nations et de sa dynastie, 1841-1845Chapitre 42 sur 213 · LIVRE a, CHAP. 3, DIT CULTE · texte numérisé non relu

LIVRE a, CHAP. 3, DIT CULTE

pas une surface uuie et solide. On peut aussi, dans la prière en commun, où les rangs seraient extrêmement serrés, éviter de s'étendre; on peut même poser la tête sur le dos de ceux qui forment les premiers rangs, supposé que les uns et les autres s'acquittent à la fois de la prière marquée pour la même heure canonique « pas autrement.

6*» On se relève de terre, et Ton reste un instant assis sur ses genoux, les mains posées sur les cuisses, en répétant encore le Tekbir.

7^ On fait une seconde prosternation , absolument comme la première.

%^ On se relève en s'appuyant des mains, non pas contre terre, mais contre les genoux, et en récitant encore le TekhÎT. Toute celte partie de la prière forme un RiKATH. La prière Namaz est composée de plusieurs de ces n'kaths, deux, quatre, six, etc...., selon ïts heures canoniques. Deux rikaths s'appellent Shesy, et complètent un Namaz»

g** A la fin de chaque Rikath, on doit s'assseoir sur les genoux, en posant les mains, les doigts ouverts, sur les deux cuisses; placer alors en dedans la jambe gauche, et tenir le pied droit tendu et levé par derrière, les doigts toujours contre terre ; mais la femme doit s'asseoir du côté gauche, en portant les deux pieds du côté droit. Dans cette posture, on doit réciter le cantique Tesclichhud; le voici : « Les prières vocales sont « pour Dieu; les prières corporelles (i) et les prières

(i) On peut remarquer ici la confusion de la prière cl de l'o TPf, de Tesprit même et du corps.

GOOQÎ^

\lO DE LA RELIGION, DOGME ET LOI.

<v aumonières sont aussi pour Dieu. Salut et paix k toi, « ô prophète de Dieu ! Que la miséricorde et la bé- « n^dictiôn de Dieu soient aussi sur toi! Salut et « paix à nous^ et à tous les serviteurs de Dieu justes « et vertueux ! Je confesse qu'il n'y a point de Dieu, « sinon Dieu, et que Mohammed est son serviteur et <( son prophète. »

lo® A la fin du dernier Bikath on doit réciter, assis, \eSalacQaih;\t voici : « O mon Dieu! donne ton salut <c de paix à Mohammed et à la race de Mohammed, «t comme tu as donné ton salut de paix à Abraham et à (c la race d'Abraham; et bénis Mohammed et la race de « Mohammed comme tu as béni Abraham et la race « d'Abraham. Louanges, grandeurs, exaltations sont en « toi et pour toi.» On doit ensuite réciter un des chapitres du Coran , dont le choix est au gré et à la volonté de chaque fidèle. On doit enfin terminer le JVamaz par la profession de foi et par une salutation , à droite et à gauche , à ses anges gardiens Kirainenn Keatibinn. Celte salutation doit être accompagnée de ces paroles : « A toi le salut de paix et la miséricorde <c de Dieu.» Le fidèle doit être attentif à suivre exactement, dans toutes ces pratiques, l'ordre et la méthode qui y sont prescrits ; il doit aussi s'en acquitter avec méthode et gravité. Il est d'ailleurs de la piété et de la décence de fixer constamment , pendant la prière , les regards devant soi ; de bien fermer la bouche, lorsqu'on a envie de bâiller; d'éviter, autant qu'il est pos* sible, d'éterauer; et de dégager Jes mains de la manche de son habit, supposé qu'elle les couvre par sa longueur. Cette dernière pratique ne peut regarder la

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femme, parce que, si elle est déceote pour l'homme, elle cesse de l'être pour elle.

N'est-on pas frappé de cette prière qui ne demande rien de précis, pas même le pardon des péchés; qui se complaît et s'exalte dans l'idée abstraite de Dieu; qui semble une variante monotone de la même formule professionnelle ; qu'on dirait quelquefois une hallucination factice, au lieu d'un sentiment réel ; où rbnmanité s'exhausse jusqu'à Dieu, pour que Dieu ne descende pas jusqu'à l'homme; où r homme qui prie se donne salut et paiœ à luimême; où ce qu'il y a déplus clair, la récitation du Coran et la profession de foi, appartient tout-à-fait au dogme el à sa croyance ? Ces caractères de la prière musulmane ne montrent -ils point, de plus en plus, quel estle dogme islamique, dépourvu de verbe divin et d'église? N'estce point que toute la religion de l'islam est dans le dogme ? N'est-ce point que le dogme, n'ayant pu produire un culte, s'est fait culte l|ii-méme ? Mais n'anticipons pas sur des conséquences, qui ressorlironl mieux encore de ce qui va suivre.

Goook

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