LIVRE Ier, CHAP. I, DES OULEMAS. Si
avec ses revenus et ses biens affranchis même de l'impôt et de la confiscation (i).
En résume, les vrais oulémas n'ont rien de commun avec la mosquée ; ils n'ont donc pas le culte. Le gouvernement prend quelquefois leur avis, mais il peut s'en passer comme il peut n'en tenir compte, et la loi d'ailleurs est toute faite; les oulémas ne concourent donc pas h gouverner leur pays, malgré la supériorité de leur instruction. Pour ce qui est des sièges judiciaires, dans quelque ordre que ce soit; les
( i) Ces biens mis légalement à l'abri de la confiscation, n'ont pu se sauver de V (administration qu'eu a voulu prendre le sultan Mahmoud, en ces dernier* temps. C'a été le dernier coup porté à la haute position des oulémas-muderrîs, qui n'est plus désormais que dans le passé. M. Barrault convient (Occident e? Orient) que les richesses des oulémas sont aujourd'hui employées par la cour, à bâtir de nouveaux palais sur le Bosphore ; il va jusqu'à dire que ce qui caractérise l'époque actuelle, c'est Y orgie de l'européanisme, ce qui nous semble fort exagéré même pour l'époque de sultan Mahmoud. Comment alors M. Barrault a-t-il vu dans les oulémas un centre de ralliement pour les çrais croyons? «Comment y a-t-il vu un clergé qui élève « haut le tribunal public d'où il statue , et fait habile- « ment primer le ministre de la justice sur le ministre « du culte , pour son rôle politique? »
oulémas ne les obtiennent que de la prérogative du sultao, et ne sont dans la judicature que des délégués annuels; ils n'ont doue pas en eux-mêmes un pouvoir quelconque. Si les oulémas-muderris enseignent un dogme divin f s'ils expliquent une religion légale ; ils n'enseignent ni n'expliquent rien au nom de Dieu, ils ne représentent ainsi Dieu sous aucun mode. Singulière théocratie qu'une théocratie «ans Dieu, sans pouvoir et sans culte!