‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 9 sur 245 · LIVRE I«r, CHAP. I, DES OtJLÉMÀS · texte numérisé non relu

LIVRE I«r, CHAP. I, DES OtJLÉMÀS

Il n'est pas moins vrai que le professorat turc s'est fait le siège d'une grande influence , le centre d'une action considérable. Qui songerait à le nier? Mais à supposer que l'université de France tînt dans ses mains l'enseignement unhreTsel, le dogme et ses lois avec la pratique religieuse et jurisprudentielle ! À supposer que de plus il fallût avoir passé par le professorat universitaire; pour siéger au conseil-d'Etat, dans les cours souveraines , à la cour de cassation! L'université' de France serait-elle davantage un pouvoir politique? Les professeurs seraient-ils des députés ou quelque chose de semblable? Sans aucun doute , les oulémas de la Sorbonne et du collège de France en seraient plus imposans; et peut-être dans une occasion récente, ils auraient eu plus de succès à la Chambre des Pairs. Mais ils n'auraient pas été la chambre après tout; ils n'auraient ni fait la loi, ni empêché de la faire par leur action personnelle. En ce cas, les professeurs de Constantinople peuvent encore moins que ceux de Paris. Car il n'y a pas de loi à faire dans l'empire (1)4

(1) Nous fie saurions (ont dire à la fois ; et peut-être y avait-il quelque inconvénient à faire passer le gouvernement de l'Islam, avant les institutions qui le définis-

Si l'enseignement des écoles est plus écoulé en Turquie, si la chaire du muderris y obtient plus de créance qu'ailleurs, c'est tout simplement que le professorat y a la parole tout seul. L'influence et l'action de ce corps fameux tiennent à ce que, dans la nuit et le silence qui régnent sur l'Islam; l'unique point lumineux qui rayonne et Tunique voix qui se fasse entendre, viennent de ce qu'on a ingénieusement appelé le Collège des Oulémas. L'effusion de lumières qui arrive à l'Europe par la presse, par la tribune, par les Conseils , ne saurait arriver à la Turquie que par ses Ecoles, bonnes ou mauvaises. Mais cela ne fait point que l'enseignement ait en Turquie une autorité gouvernementale, que le professorat surtout y soit un rouage législatif ou administratif, que les oulémas enfin y aient un Veto politique. Ajoutons qu'il n'a jamais été question, dans l'empire, d'un enseignement donné au nom de l'Etat. Le collège des oulémas y est incontestablement une corporation,

sent. Mais d'une part nous avons cru qu'il importait de faire disparaître, tout d'abord, l'échaflaudage d'une théocratie ottomane* D'autre part , il suffit de rappeler que la loi, eu Turquie, fait partie de la religion même : pour en conclure que ni les oulémas ni d'autres ne peuvent y légiférer.

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