‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 13 sur 245 · LIVRE I", CHAP. 2, DU MOUPHTY · texte numérisé non relu

LIVRE I", CHAP. 2, DU MOUPHTY

suliait, sous les yeux du padischab, pour le padischah et son gouvernement; ce professeur consultant devait avoir, un jour ou l'autre» plus d'éclat et d'autorité. L'importance de ses travaux l'eût, d'ailleurs, empêché de tomber à l'état de sinécure et de superfétation des mouphtys de province, partout où ils se sont trouvés face à face avec des écoles régulières. Quoi qu'il en soit; un événement assez connu vint faire du mouphty de la capitale, le Conseil intime du pa dischah. Le mouphty Edebali, beau-père d'Osman (1), ne quitta plus le fondateur de l'empire. Et quand le padischah eut perdu son beau-père ; il fit son beau-frère mouphty, pour ne pas perdre l'intimité d'un conseiller auprès de sa personne. Evidemment, ceci commença la grandeur de» mouphtys de Constantinople.

Nous avons dit comment Mahomet II nomma son mouphty Scheik-UL-Isl am , et le fit Cadi. Scheik-ul-islam, qui veut dire seulement Y ancien de l'Islam, n'eût été qu'uu nom pompeux; si ce nom n'eut emporté, dès l'origine, une certaine juridiction sur les mouphtis de province. Mais le cadi de Constantinople n'a pas seulement la jùdicature de la capitale ; il a

(1) f'ajr 2 l'appendice, n° 1.

tous les pouvoirs municipaux et administratifs qui , à Paris , viennent aboutir aux deux Préfectures. Depuis Mahomet II, la juridiction sur les mouphtys de province, s'est étendue et développée. La grande Charge de judicature et d'administration municipale a grandi encore, pour se transformer comme nous verrons tout-àl'heure. Cependant, Ton n'a qu'à décomposer la fonction actuelle du mouphty de Constantinople, Scheik-ul-islam ; et l'on n'y trouvera pas une prérogative qui ne procède de la triple action professorale, administrative et judiciaire.

C'est ainsi que le scheik-ul-islam n'a pas gardé long-temps son kadilik de Constantinople, auquel Mahomet II avait bientôt ajouté le kadilik de Galata et celui de Scutari. Comme juge de cité, il n'aurait d'ailleurs pris rang qu'après lés kasi-askers, juges- d'armée. Soliman éleva, d'un seul coup, le Scheik-ul-islam au-dessus de tous les juges et de tous les professeurs, en lut donnant juridiction sur la magistrature et l'enseignement par tout l'empire (i). Ce qui n'empê-

(i) On peut remarquer dès à présent que la mosquée, pour son personnel, ne se trouve point dans les attributions du scheik-ul -Islam. 11 nomme des juges, il nomme des professeurs, ou du moins il a l'initiative de leur nomination. Il ne propose pas même \es imams.

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