‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 165 sur 245 · LIVRE II, CHÀP. 5, DE L'OBSTACLE · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHÀP. 5, DE L'OBSTACLE

<c ront sur le trône, pourront faire exécuter « leurs frères, afin d'assurer le repos du monde, cr Ils devront agir en conséquence. » Nous ne parlons pas de regorgement périodique d'une génération , qui des frères encore s'est étendu aux neveux , sur quelque autre avis de légistes. Mais ce nouvel ordre de succession n'a point passé dans le Code mouheka. Nous avons déjà dit que ce n'était point une loi; et toutefois Tordre de succession établi par Mahomet II , a été ponctuellement suivi, ni plus ni moins que si c'eût été une loi de l'empire.

Il n'importe sur quel texte, la décision ait été prise. C'est affaire aux jurisconsultes de n'être jamais à un texte près, pour motiver et justifier tout ce qui a besoin d'être motivé et justifié. Tant la pratique des lois met naturellement en fonds de distinctions ingénieuses, d'accommodemens singuliers et de souplesse incroyable ! Tant les légistes , par tout pays, se trouvent , sans le vouloir, sans le savoir, un merveilleux instrument de dissolution (1)!

(1) Par ce qui précède, il est assez clair que nous n'indiquons pas les légistes, comme les instrument prévus et nécessaires d'une réforme en Turquie. Ccl? sera plus clair encore par ce qui doit suivre. Non*

Le dogme enseigne expressément la fin du kaliphat islamique, après la trentième année de la mort du prophète. Ce a était pas là un enseignement tolérable pour les ka^phes, qui s'étaient perpétués au delà du terae prophétique^ Aussi vit-on bientôt poindre, une; distinction fa k*liphat parfait et du kaliphat imparfait. Le premier des kaliphes imparfaite qui a commencé par agiter k peuple de Damas, avec ta chemise ensanglantée d'Osman. , compte Antoine avait agité le peuple de Rotne avec la cliemise de César ; Muawiyé avait déjà s*a légistes* Cependant il faut rendre ce qui est du* aux juristes» ou, plutôt aux théologiens de la dynastie dts On*niûdes. Les formules dogmatiques, pétaient pas. alors closes et arrêtées,; et le dbgme ne porte aucune trace de la subtilité doc trinale; d'un double kaliphat. La doctrine n'en tempéra pas. moins, dès le premier jour et par nécessité» la rigueur des termes sacramentels de la prophétie. On a été bien heureux, plu» tard., de n'avoir point fait prévaloir dans le dogme, cutte doctrine de juriste improvisée pour le besoin

parcourons successivement toutes les hypothèses qui font obstacle à la réforme; et contre les lois, nous trouvons ici les légistes. Voilà toul.

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d'un gouvernement. Gar l'unité kaliphale se trouvant atteinte dans la dynastie des Abassides, puis fractionnée par les anii-kaliphes et ton» fes kaKphes hétérodoxes; l'islam y eut perde jusqu'à son unité dogmatique. C'est pourquoi la doctrine fit un retour complet au dogme, h travers les démembremens successifs du colosse kalifdiallln'y eut bientôt d'autre moyen de sauvegarder une dernière apparence d'unité musulmane, que l'attache de phi s en plus étroite de la croyance individuelle au* paroles métoes de Mahomet,* paroles si acerbes et si décisives contre le kafiph^t (ï).

L'orthodoxie sur ce- point a persisté pendant huit sièttlesi I)1 n'a» plus été question, tout ce temps- là, que de l'imam dogmatique, pour l'unité religieuse de l'islam. La famille et les partisans d'AK avaient d'ailleurs donné l'exeittflte, en ate récfcitt&nt que le titre d'imam pour Ce quatrième et dernier des kaliphes parfaits. Le kaliphàf dépouillé, réduit à l'enceinte de Bagdad' ou du' Caire; était à la fin' tombé si bas, que l'Investiture et le Cérémonial du Sabre n'étaient plus qu'une dérision de la* force brutale. Les déférences die quelques Emirs ou Sultarts , nfe

(î) Voyez livre u, chap. îer, p. <j3.

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pouvaient couvrir la profonde déchéance du ka- Uphat expirant. Le titre kaliphai était ainsi devenu une sorte de pontificat sans nom , que la petite cour de Bagdad ou du Caire décorait eur core de l'on ne sait quelle tradition religieuse, faute d'une autre autorité que Ton pût décemment lui attribuer. Mais voilà que l'héritier de Mahomet II soumet l'Egypte à l'empire, et fait son entrée victoiieuse dans la dernière cité où

végète le descendant des kaliphes. *Le sultan victorieux se fera céder par Mahomet XII, ce tilre traditionnel que le vieil abasside porte toujours. La prophétie passée dans le dogme , la doctrine constante de huit siècles, l'histoire flagrante du kaliphat ; tout sera méconnu, en un instant, par les légistes du conquérant. Les oulemas, le mouphty, les magistrats de l'empire applaudiront au premier Kouthbè qui nommera leur Imam - Suprême Kaliphe universel; quoi-r qu'ils n'osent introduire ce changement, ni dans le dogme ni dans la loi. La jurisprudence seule sera chargée de consacrer de nouveau le titre déchu, et les croyans l'accepteront.

Ce n'est pas tout. Les deux cités saintes de l'islam, la Mecque et Médine s'étaient détachées du kaliphat de Bagdad. Il y avait eu des flots de sang versés, pour les ramener à l'unité

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