‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 182 sur 245 · LIVRE III, CHAP. Ier, DE MAHOMET. 3o · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. Ier, DE MAHOMET. 3o

soit par lui-même (i). Toute haine systématique des juifs et des chrétiens eut été un contre sens, un démenti à son propre apostolat. Et aussi, la chose eut été contraire à l'intérêt politique du prophète. La paix avec les juifs et les chrétiens permettait à l'Arabie, de conquérir les

(i) M. d'Eiçhtal convient de ce qui est dit au Coran, chaque peuple a son apàtre; il professe même que la véritable mission du prophète de Dieu était en Arabie. M. d'Eiçhtal commet donc une grande inconséquence, en tout cas une grave erreur ; quand il présente l'apostolat arabe comme un pis-aller pour Mahomet, après l'apostolat de l'univers inutilement tenté. C'est exactement le contraire qui est vrai. Mahomet se s'adresse à Vumoers que dans les momens de déception et de colère, quand il craint de manquer l'Arabie ; c'est une affaire de style, en grande partie une figure orientale. Le prophète, qui accorde en principe que l'on peut se sauver avec le Pentatèuque et l'Evangile, ne saurait demander en même temps à l'univers de se convertir au Coran. La prétention absolue d'une religion universelle est expressément et sévèrement condamnée en beaucoup de passages du Coran, dont nous ne citons que les versets 66, 67, au chapitre 22:

« Nous avons établi pour chaque nation des rits sacrés qu'elle suit. Qu'ils cessent donc de disputer avec toi sur cette matière. Appelle -les au Seigneur, car tu es dans le sentier droit (66). S'ils disputent encore , dis-leur : Dieu connaît vos actions (67). »

grandes populations idolâtres ou païennes qui se détachaient , par lambeaux, du royaume de Perse et de J'empire romain. C'était là , sans nul doute , l'objet immédiat et la juste mesure de la conciliation proposée aux hommes des Ecritures par Mahomet; conciliation à son usage et à l'usage de l'Arabie. Nous u' entendons pas dire autre chose. Eh ! qu'importe le reste? Il s'agit des exemples religieux, des conseils apostoliques laissés à l'islam ; il s'agit des souvenirs et des forces que peut encore évoquer, en Turquie, le nom du prophète -roi. Si pourtant Mahomet s'était montré plus d'une fois, infidèle à sa religion et à sa politique ; s'il avait, dans le cours de ses triomphes, abusé de la victoire contre les chrétiens et les juifs! Nul croyant ne songerait jamais à s'en autoriser, dans sa conduite ; opposant ainsi avec impiété, l'homme au prophète. Mahomet était l'envoyé de Dieu. A ce titre , il ne devait compte de ses actions à personne ; il n'était pas même à la rigueur justiciable du Coran. Il avait ses raisons, connues de Dieu seul, ou des ordres venus du ciel et dont il ignorait le but définitif. C'est pourquoi tel acte de prosélytisme et de persécution, sur ce que Mahomet en aurait fait autant, ne serait pas plus justifié dans la religion du

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prophète, qu'il n'y serait permis de prendre plus de quatre femmes , parce que Mahomet en avait sept. Le Prophète-roi s'en est expliqué nettement, en plus d'une occasion. De telle sorte que dans l'Islam, dans la Turquie aujourd'hui, il ne reste vraiment de Mahomet que son livre, le Coraru

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