LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN
et nationale des Osmanlis que tout le monde connaît; celait sans doute chose fort' naturelle* qu'un jeune sultan héréditaire rêvât d'amour et d'ambition auprès de sa fiancée. Mais après tout ; qu'Osman ait rêvé l'empire sous la forme dune tente, et la fille d'Edebali son hôte sous forme de la lune devenue pleine, nous ne voyons pas )en quoi cela peut conclure pour l'islamisme de M. d'Eichtal. Car il n'est point permis de croire que M. d'Eichtal ait pris un songe, quelque poétique et national qu'il soit, pour un chapitre additionnel au Coran;
Il nous reste à montrer le principe commun à tous ces islamismes si divergens , le principe qui leur a donné carrière à tous, sans en justifier aucun. Ce principe -là n'est pas difficile à' trouver dans le Coran. Il y est écrit à chaque page ; il est le premier et le dernier mot du livre même; il s'appelle DISTINCTION. «Dieu t'a envoyé le livre contenant la vérité, et qui renferme les Ecritures qui l'ont précédé. Avant lui , il fit descendre le Pentateuque et l'Evangile, pour servir de direction aux hommes. Il a fait descendre le livre de la distinction (Coran, ch. 3, veris. 2). Béni soit celui qui a envoyé dû ciel, la distinction à son serviteur, afin qu'il avertisse les hommes *> (chap. 25, vers. 1). I. a3
La distinction corassique ne s'est pas épuisée à assimiler une partie du judaïsme et une partie du christianisme, dans un troisième enseignement décoré d'un autre nom. Elle n'a point aspiré à faire du nouveau avec de l'ancien , à édifier une doctrine sur de la critique. En donnant tort à chacun dans le passé, elle n'a pas entendu s'approprier l'avenir contre tout le monde. L'éclectisme du Coran était un éclectisme de bonne foi. Principe éclectique, il aiait son œuvre éclectique. Il a confessé pour Dieu unique, le Dieu des Juifs et des chrétiens, il s'est incliné devant les Ecritures et les prophètes qui avaient précédé; et contre toutes les prétentions de nouveauté exclusive, il en a appelé au titre prophétique de Moïse et de Jésus.
C'est pourquoi le livre entier n'est guère qu'une polémique, au fond comme dans la forme. Mahomet y dispute contre les cultes établis ; il retranche aux chrétiens la trinité , et soutient contre les Hébreux le prophète Jésus. Mais il ne conteste ni la lumière du Pentateuque, ni la direction de l'Evangile. Il pousse aussi loin que possible, la critique religieuse ; mais il qe conclut pas à une religion différente. Contre le culte même des idoles, il n'annonce que ce qui a été annoncé avant lui. Il interprète plus qu'il