‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 210 sur 245 · LIVRE III, GHAP. 2, DU CORAN · texte numérisé non relu

LIVRE III, GHAP. 2, DU CORAN

d'une façon irrévocable. Nulle science, nuls docteurs n'auront la parole dans l'Islam, après le livre et l'apôtre de Dieu ; puisque le livre et l'apostolat de Mahomet, sont le dernier mot du ciel à la terre. S'il y avait une autorité qui pût donner une interprétation compétente de ce dernier mot là , ce serait donc qu'il n'est pas le dernier mot de Dieu ; et tout l'Islam est renversé!

Le Coran divin a précisément voulu empêcher, dans l'avenir, toutes les interprétations ; tous les dogmes autres que son dogme, toutes les lois autres que sa loi* Ce que le Dieu de Tlslam a condamné avant toute chose, ce qu'il a entendu proscrire comme le principe de tout le mal dans le monde ; c'a été la dispute de la science sur son compte. Il Ta poursuivie sous toutes les formes, dans l'Eglise comme dans toute nouvelle prophétie. Le Dieu de l'Islam enfin a écrit son Verbe dans un livre suprême ; il l'a absorbé dans le Coran.

Les auteurs du dogme n'étant pas juges des dissidences qui pouvaient s'élever dans l'Islam, ont cherché du moins à effacer les plus considérables, à empêcher les plus menaçantes. 11 est vrai que le principe éclectique ou protestant du livre ne prêtait guère aux affirmations dog~

matiques. Cependant, le prophète n'avait pu se dispenser d'affirmer Dieu et le Coran. Les docteurs musulmans ont tiré de là, tout le parti possible. Ils ont développé la déodicée corassique , jusqu'à une théologie ; et leur théologie , jusqu'aux plus minutieux détails de la vie céleste. On a pu s'en convaincre en lisant les Formules dogmatisées; nous ne les rappellerons pas. Presque toutes sont consacrées à des objets de pure métaphysique , et de nulle importance sur la terre. C'est que de pareils développemens convenaient à merveille, à la stérile négation du livre de Mahomet. Mais le point important à dogmatiser , était l'affirmation prophétique du livre. La première difficulté qui se fût élevée dans l'Islam, et qui, à elle seule, menaçait de dissoudre la nouvelle croyance ; c'était en effet l'identité même du texte divin. L'Islam, sauvegardée contre les interprètes humains , seraitil à la merci d'une copie infidèle? Mahomet peut-être n'en avait pas dit assez, par son affirmation du prototype corassique dans le volume caché; n'ayant point remis la version originale à* la disposition des croyans (i).

(i) 11 y eut même , sous le kaliphat d'Osman , plusieurs éditions du Coran, et une infinité d'exemplaires

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