LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN. 38g
conscience , des Gloses de docteurs ; les pratiques rituelles et morales, des Recueils de décisions judiciaires. Des Compilateurs, des Arrétistes; voilà les Pères de l'Islam. Le savant M. Isambert eût été, dans les premiers siècles de l'hégire, un Imam fondateur; comme nos juges de police seraient aujourd'hui, dans l'empire, les gardiens de la religion. C'a été une dévotion corporelle, pour employer le mot de la loi même ; telle que la pouvaient faire enfin les avocats d'une Négation. Rien ne marque mieux la déchéance religieuse du livre de Mahomet , que ce qui s'est passé il y a quelques mois, dans les mosquées de Constantinople, et devant une des Cours d'assises de France. Pour faire une razzia de Conscrits dans la capitale, et délivrer des cartes de sûreté aux hommes d'une profession notoire; Riza-Pacha n'a rien trouvé de mieux, qu'appeler à la prière toute la population virile de Stamboul. Les portes de la mosquée une fois closes, l'exécution a suivi comme la chose du monde la plus simple. La république française a quelquefois employé à cet usage, les églises de Y Être -Suprême , et y a mis plus de formes encore. — Un Arabe était accusé de meurtre, et traduit pour ce crime. Parmi les témoins, figurait un marabout; c'est l'imam de
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nos tribus en Algérie. Le président de la cour d'assises lui donne lecture d'une loi qui fait partie textuelle du Coran, et lui demande s'il la connaît; si l'Accusé, marabout aussi, peut l'ignorer. Le ministre religieux répond naïvement : « Je ne lis que les prières ; nous ne sommes ici « que des marabouts communs, non de ceux « qui expliquent la loi.» Cela veut dire que les marabouts distingués , sont les juges et les légistes. Evidemment la croyance est tombée à toute extrémité de la vie légale.
La Loi peut-être, dans l'islam , devait avoir une fin tout aussi phénoménale, que la religion. La loi s'était faite malgré tout. Mais la souveraineté temporelle avait eu beau faire j elle avait été trop faible, pour se dégager toutà-fait du principe protestant. La loi vivait, mais d'une vie incomplète et mutilée; c'était la vie disputée par ufi cadavre. La souveraineté temporelle n'avait ainsi qu'une manifestation insuffisante, contre, laquelle d'ailleurs la croyance se tenait, au moins , à l'état d? protestation. A cela , deux conséquences. La première ; c'est que jamais l'on n'a eu , dans l'islam, une idée nette de la loi, de son principe distinct , de sa pleine autorité. Il y a toujours eu loi et loi pour chacun ; et suivant l'occasion^