LIVRE Ier, CHAP. 3, DU SULTAN
ficulté alors devient inextricable. C'est que la prérogative de l'Imam est dogmatique ; s'il y renonce, il apostasie; et en apostasiant, il signe sa déchéance. C'est que sa prérogative ne lui appartient pas, et qu'il ne saurait la faire moindre que ne l'ont faite le dogme et la loi. C'est que s'il reconnaît n'avoir plus le droit de juger en-
et à le dégager de la reconnaissance des droits de suzeraineté temporelle des sultans ottomans, que sous la condition expresse que ce khan rendrait toujours, lui et ses successeurs, hommage à leur suprématie spirituelle. La cour de Constantinople se réserva même la liberté de nommer, comme auparavant, à toutes les charges de judicature de la Crimée, parce que les magistrats mahométans, mollas et cadis, ne sont pas seulement les ministres de la justice et de la loi, mais encore les chefs de la religion et du culte public, sous l'autorité du sultan. Tous ces points si importaus aux yeux de l'islamisme, et auxquels on doit principalement attribuer les nouveaux démêlés qui s'élevèrent après la paix de Caïnardje, et qui ne forent définitivement réglés que dans la convention tfAinaly-Caway> signée à Constantinople le ai mars 17799 eussent pu entraîner une nouvelle rupture entre les deux Etats; sans la médiation de S. M. T. G et l'habileté de son ambassadeur, dont la sagesse sut concilier, dans une négociation aussi épineuse, les intérêts de la religion d'une part , et de la politique de l'autre, entre les deux puissances contractantes.
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tre deux musulmans sur la terre , il n'est p l'Imam dogmatique et légal des autres. I plénipotentiaires turcs avaient la meilleure i lonté, et force leur était bien d'en finir. M ils ne comprenaient pas comment la loi fais; partie de la croyance , et la loi exigeant t judicature à la nomination de l'Imam; ils comprenaient pas que les Tartares pussent r ter croyans , sans juges nommés à Constar nople. Ils voyaient, malgré tout, l'abjuration la Tartane et l'apostasie du Sultan, dans renonciation qui leur était imposée. Et les Tu se montraient là de bons théologiens de l'Isla Il ne fallut pas moins que la théologie ch tienne de notre ambassadeur M. de Saint-Pri< pour tirer la Turquie de cet impasse politiq Le sultan n'y pouvait rien; la loi était plus ft que lui, comme il le faisait répéter piteusem dans toutes les Conférences. M. de Saint-Pr vint à bout de tout, par une application in nieuse du dogme chrétien sur le pouvoir sp tuel ; à quoi les plénipotentiaires turcs i vaient rien compris au commencement, et p< être ne comprirent pas grand'chose à la C'est ainsi probablement l'ambassadeur du très-chrétien , qui aura été le véritable inven du pouvoir spirituel dans l'empire ottoman