‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 38 sur 245 · LIVRE H, CHAP. I, DU DOGME. 7g · texte numérisé non relu

LIVRE H, CHAP. I, DU DOGME. 7g

iie saurait donner une idée plus juste du f^erbe islamique ; c'est un Verbe négatif, lequel n'a pu se faire chair ni esprit par conséquent.

3° Le Coran est la parole de Dieu incréée, éternelle et existant par elle-même (i).

Au lieu d'un Dieu fait homme, c'est un Dieu fait livre. Cette formule, qui a eu beaucoup de mal à passer dans le dogme, pour et contre laquelle des caliphes ont institué des tribunaux et ordonné des supplices , n'est pourtant que le corollaire indispensable de la conception même de Mahomet. Si le Coran n'est pas dieu, il n'y a point de manifestation divine dans l'Islam; il n'y a qu'un livre soumis à la critique humaine. L'Islam ne repose plus sur rien. Si

(1) Mohammed, par son exemple, inspirait à ses disciples la vénération la plus profonde pour le Cour'ann. « La lecture du sacré Cour'ann, disent les auteurs nationaux, opérait toujours en lai une espèce d'extase; il s'agitait, se levait, se calmait, se passionnait, s'attendrissait, etc., selon l'esprit et le caractère de chaque verset, de chaque passage de ce saint livre... » Révéré comme le recueil des lois divines, il est l'objet des hommages les plus profonds de tout musulman. On n'y touche jamais sans être en état de pureté légale, et sans le baiser et le porter au front avec le plus grand sentiment de respect et de dévotion. Les souverains ottomans, ainsi que les premiers de l'Etat, à l'exemple des anciens caliphes, se font ordinairement un devoir de faire garnir leur Cour'ann en or et en pierreries.

(M, d'Ohsson, tom. i, pag. 88.)

8o DE LA RELIGION, DOGME ET LOI.

le prophète n'eût pas donne son livre, p< une émanation de l'essence divine; il aurait opter entre la prophétie périodique du peu juif, et l'Eglise souveraine des chrétiens. Ai les sectes qui ont rejeté la divinité du In ont-elles mis Dieu dans l'Imameth , et adi ainsi un véritable sacerdoce. Par où Ton p voir déjà comment le dogme musulman exe en définitive, toute autre puissance spiritu sur la terre que le Coran même.

6° La vue de Dieu dans l'éternité , sans lieu , tance , côté ni face, est conforme à la raison, à la dition, au Coran, à la Sounna, à l'Idma-y-Ummel au Kiyas (i).

Les docteurs musulmans ont ici identifié 1< livres aux livres chrétiens, sans la moindre fi cul te'. L'idée abstraite de Dieu est aussi j dans la prophétie de Mahomet, que dan Pentateuque et l'Evangile.

7° Des supplices sont réservés aux incroyan aux pécheurs parmi les croyans. Des délices spiri seront le partage des croyans.

(i) Nous aurons l'occasion dé revenir sur ces livres do deux derniers, inconnus partout ailleurs que dans l'Islam, r dent aux actes et aux décisions des apôtres et des pères de l'I dans la chrétienté.

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