LIVRE II, CHAP. I, DU DOGME. 8l
Ceci n'est-il point un démenti suffisant de toutes les imaginations et de toutes les fantaisies, qui se sont écrites en Europe sur le paradis du prophète arabe ?
8° Chaque homme doit subir dans sa tombe un premier interrogatoire par les anges, connus dans le ciel sous le nom de Munker et Nekir.
g0 La résurrection corporelle est certaine.
io° La balance où se pèsent les actions est réelle.
1 1° Le Compte particulier dé chacun est positif.
la0 L'interrogatoire par Dieu lui-même est définitif.
Rien de tout cela ne mériterait seulement une observation; si l'on n'avait précisément dénié toute hiérarchie céleste au dieu de l'Islam* pour le séparer d'autant plus du dieu de l'Evatigile. Voilà des articles qui , au contraire , supposent toute une milice angélique, -cour interroger, peser et écrire; avant que Dieu luimême intervienne.
i3° Le bassin des eaux éternelles existe réellement.
C'est à quoi se réduit , dans le dogme , le prétendu paradis matériel de Mahomet. Encore faut-il comprendre la chose en ce sens; qu'une fois que l'on a bu, de ces eaux, l'on est désaltéré pour l'éternité. Telle est la doctrine des Oulémas-nufderris.
i4° Le pont de l'enfer est une vérité»
Ce pont de plus ou de moins est fort ind férent sans doute. Il ne saurait donner à u religion, un caractère particulier. Mais les delà oiseux dans un dogme, ne témoignent-ils poi de sa stérilité? Qu'est-ce qu'un article de f< d'où il n'y a aucune conclusion à tirer po l'homme? Cela du moins ne s'accorde guc avec l'absolutisme divin du Coran qui, suiva une opinion trop accréditée, pèse sur la ten s'y applique et l'écrase.
i5° Le paradis et l'enfer ont été créés; mais ils finiront jamais, pas plus que les élus et les réprouv
i6° Il y a de grands et petits péchés. Dieu peut pardonner tous. Les plus grands ne suffisent pas à p cer le croyant au rang des incroyans. Mais on ton dans V incroyance 9 si l'on rejette l'unité de Dieu ot l'on admet ce qui est rejeté par le dogme; et la jusl de Dieu ne peut remettre Yincroyance à personne.
N'est-il pas bien remarquable qu'un dog: en soit réduit , d'une part , à faire des catéç ries de péchés ; et se pose, d'autre part, corn une limite à la puissance de Dieu même? G que le dogme musulman doit remplacer l'Egli et toute la fonction sacerdotale. C'est que d; l'impossibilité d'appliquer une règle humain*