‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 4 sur 245 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DES OULÉMAS.

Les Oulémas que l'on croit un corps homogène, n'ont guère en commun qu'un premier enseignement d'écoles ouvertes à tout le monde. Au sortir de ces médressés (collèges), où Ton n'étudie la grammaire et même le catéchisme, qu'après la prononciation du dialecte arabe dans lequel a été écrit le Coran, avec les inflexions, les pauses et toute la psalmodie des prières publiques ; des Elèves en savent assez pour la Mos-

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(/uée et s'y arrêtent, tandis que d'autres s'acheminent vers la magistrature et le professorat» en passant par des médressês uniquement destinés à l'étude des lois. Nous ne cherchons pas en ce moment, quelle est la fonction religieuse des oulémas de la mosquée. Voués exclusivement à leur charge plus ou moins spirituelle, étrangers de tout point au gouvernement ; ceuxlà , du moins , ne peuvent compter pour une théocratie quelconque. Mais ce qu'il faut dire tout de suite, c'est que le service de la mosquée est un véritable brevet d'incapacité. Il n'y a que les écoliers infimes des écoles publiques, desquelles nous avons dit le programme si infime déjà, qui se fassent desservans du culte; assez instruits, à ce que l'on peut croire, pour l'œuvre de Dieu, trop ignorans, à ce qu'il parait, pour l'œuvre des hommes. Ils s'arrêtent à la mosquée, parce qu'ils sont incapables de monter plus haut. Aussi Y imam qui dit la prière publique, le muezzim qui l'annonce du haut des minarets et invite les croyans à s'y rendre , le cayim qui entretient les nattes et veille aux portes de la mosquée ; Imam, Muezzim et Cayim sont tous trois ministres du culte , au même titre identiquement. Et la preuve en est, pour ne citer que celle-là, que dans les localités peu

importantes ; c'est le même ministre qui a le triple office de dire la prière, d'y appeler le public, de nettoyer les nattes et de veiller aux portes. C'est pourquoi les oulémas de la mosquée restent, non pas seulement au dernier rang dans le corps , mais profondément sépares des oulémas*) uges ou professeurs. Le dernier des naïbs (juges du cinquième et' dernier ordre) se croirait dégradé , quand on le ferait le premier des imams de mosquée ; Imam de Sainte- Sophie , par exemple. Mais Ton ne songerait guère plus, en Turquie, à faire un naïb d'un imam; qu'on ne s'aviserait, en France, de faire un curé de son sacristain.

Les oulémas de la judicature inférieure, naibs et cadis, ne sont pas moins séparés du professorat et de la magistrature supérieure des trois premiers ordres. Naïbs et Cadis ont continué les premières études de l'école publique et élémentaire ; ils ont même subi des examens, dont un dernier assez solennel , à la suite desquels ou les a admis dans une école de droit spéciale. Ils ont encore étudié , plusieurs années, dans cette école, et n'en sont sortis qu'avec le titre àemulazim (préparé). Mais ils s'en sont tenus là ; préparés à la grande instruction , comme leur titre l'indique, ils ont renoncé à la recevoir.

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