‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 5 sur 245 · LIVRE Ier, CHAP. ï , DES OULEMAS · texte numérisé non relu

LIVRE Ier, CHAP. ï , DES OULEMAS

Ils demeureront toujours à une distance infranchissable des muderris (professeurs) et des mollas (juges des trois premiers ordrçs). JSàibs ou Cadis selon leur capacité et leurs protections ; ils ne s'élèveront jamais plus haut qu'une jugerie de détails où ils doivent s'absorber, sans aucune influence possible sur le gouvernement général de l'empire.

Il ne faut pas moins de sept années d'études, pour passer muderris (professeur) de mulazim (préparé); après quoi il reste dix degrés à parcourir dans le professorat même. Et si vous n'allez pas jusqu'au dernier; si vous entrez auparavant dans quelque charge du troisième ou du second ordre, vous ne comptez plus sur le tableau du professorat, où il faut à peu près passer sa vie pour arriver aux charges dejpremier ordre, telles que Kasi-asker de Homélie, Kasiasker d Analolie, Istambol-kadissi, et quelques autres d'une véritable importance politique. Les oulémas ainsi effacés du tableau dès muderris, sont toujours oulémas sans doute ; mais ils se trouvent dès lors absorbés comme les naïbs et les cadis, frappés comme eux d'une sorte d'incapacité personnelle ; un peu plus, un peu moitié haut placés, il n'importe* Car ils se sont jugés eux-mêmes, en refusant d'aller jusqu'au bout de

la science, en acceptant une fonction de judicature secondaire après tout. Désormais ils ne compteront pas plus dans le gouvernement que parmi les muderris ; ils n'arriveront jamais aux grandes Charges qu'on peut appeler.gouvernementales. D'où il suit qu'il faut rapporter uniquement aux oulémas-professeurs , tout ce que Ton a ditMes oulémas en général. Ajoutons que lejprofessorat donne un titre indépendant de l'emploi, que Ton est professeur par l'inscription au tableau, non par la chaire qui échoit ou doit échoir à chacun selon son degré.

Il faut surtout ne pas confondre la fonction même avec le titre de muderris, dans la personne de l'ouléma revêtu d'une Charge de premier ordre. La plus haute Charge est révocable et annuelle. Fût-elle viagère comme autrefois, ce serait toujours une délégation. C'est le sultan qui y nomme. Evidemment l'influence et l'action de cette Charge, quelqu'elles soient, demeurent séparées de l'influence et de l'action propres de X ouléma. H est vrai que le titre de muderris, donne un droit exclusif aux premières places de la magistrature ottomane, occupées ainsi presqu'à tour de rôle par un petit nombre de professeurs. Et sans doute un pareil privilège compte pour beaucoup, dans les

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