LIVRE II, CHAP. I» DU DOGME
pas complète. Car le dogme fixe , après tout, ce qui a été annoncé de la part de Dieu.
2O0 Les actes des croyans sont susceptibles de plus ou de moins. La croyance doit être absolue.
Les docteurs semblent craindre d'avoir mis le salut à trop bas prix,
*ie La croyance ne diffère point de la résignation.
C'est un caractère particulier de la foi qui ressemble singulièrement aux bonnes œuvres. La foi résignée est une foi qui pratique ou bien près ; car la résignation exclut nécessairement toute adhérence plus ou moins vive, plus ou moins complète, sans autre témoignage. Et ce témoignage me fût-il que la suite et la continuité dans la foi, un pareil état de la pensée doit se traduire dans les œuvres*
a a* Le croyant et l'incroyant peuvent perdre et recouvrer la foi. Mais le sort des élus et des réprouvés n'en est pas moins prévu de toute éternité, dans les décrets de Dieu; parce que l'avenir est immuable dans l'essence divine.
On a voulu voir là, une expresse consécration au fatalisme oriental. C'est l'omniscience de Dieu, et rien autre chose. Le tort est d'en avoir fait une formule spéciale. Mais la formule com<~
prend aussi le libre arbitre du croyant et de l'incroyant, entre le salut des élus et la damnation des réprouves. Tout cela n'est qu'une antithèse d'école, et ne contient rien de nouveau ni sur l'homme ni sur Dieu. La prédestinatioi est un problème de métaphysique, qui n'appartient pas plus à une croyance qu'à une autre Aussi est-il de doctrine constante, parmi le: docteurs musulmans, que nier la pleine liberté des actions humaines , c'est tomber dans Vin croyance. Jamais, h aucune époque ni par per sonne, le prétendu fatalisme oriental n'a été en seigné dans l'Islam. Quant aux pratiques fatalis tes et tant dénoncées en ce qui concerne 1 peste précisément ; le caliphe Omar, arrivé sur 1 frontière de Syrie , ne fit nulle difficulté de re prendre le chemin de Médine, pour éviter 1 fléau fatal. Interrogé même à cet égard, le cali phe répondit : « Notre saint prophète a dit qu celui qui se trouvait plongé dans le feu , deva y êlre résigné à Dieu; mais que celui qui ne s' trouvait pas, devait bien se garder d'en appre cher. » Que si la prédestination a pourtant plu d'influence parmi les musulmans que parn les chrétiens; cela ne peut tenir au dogm même de l'Islam. Nous en dirons la caus ailleurs.