LITRE II, CHAP. I, DTJ DOGME
« l'homme est destine à partir ; mais après lui, « le paraclyte vous révélera .les mystères célestes, « vous expliquera toutes choses, et rendra té- « moignage de moi comme je rends témoignage « de lui. En vérité, je vous ai parlé en figures, «en paraboles; c'est lui qui vous les expli- « quera (Ahmet-Effendi). »
Nous avons appelé cette confusion religieuse, parce qu'évidemment elle est un effort pour introduire dans l'Islam, Y Esprit qui lui manque. L'Islam devant se suffire à lui-même par sa divine évidence , devant expliquer une dernière fois aux hommes leur vraie religion et remplacer l'Eglise ; rien n'était plus logique* que de faire apporter l'Islam par un prophète Saint- Esprit. Mais disons tout de suite que si Mahomet tient la place du Saint-Esprit dans la doctrine islamique , cela seul prouve assez contre tout sacerdoce musulman. Car le dernier des prophètes n'a jamais du se survivre.
a8° L'apothéose de Mahomet est certaine. 11 est monté au ciel et au plus haut des cieux, par la volonté de Dieu.
Il ne s'agit pas ici d'une résurrection comme celle de l'homme-dieu.
29° On doit croire au privilège des saints, pour aç-
go DE L\ RELIGION, DOGME ET LOI.
complir des actes au- dessus des lois de la nature physique , se transporter dans un instant à travers l'immensité, suffire aux besoins de leur humanité, marcher sur les eaux, voler dans l'air, donner la parole aux êtres qui ne l'ont pas, etc., etc.
Cet ëtat de sainteté est un nouvel intermédiaire entre Dieu et l'homme. Voilà donc l'échelle du dogme musulman qui monte vers Dieu par les anges, les élus, les saints (i), les prophètes et le plus puissant des médiateurs , Mahomet.
Après la mort de noire prophète ; £bou-Beker, Omar, Osman , Aly, ont élé dans l'ordre ci- dessus, les hommes les plus éminens et les meilleurs.
Mais ils ne furent que des hommes, ils n'eurent jamais aucun titre prophétique d'aucune espèce ; qu'on le remarque bien. S'ils ont été, après leur mort, révérés et priés comme des saints, cela n'a pas changé le titre purement humain de leur vie caliphale Les surnoms qu'ils portent encore dans l'Islam , témoignent assez de leurs qualités toutes terrestres. Nous citerons le surnom d'Omar, parce qu'il a donné lieu à la plus singulière mystification que l'histoire et la tradition aient jamais faite. Le surnom d'Omar
(i) Voyez l'Appendice, n« V.