LIVRE II, CHAP. I, DU DOGME
sion de principes a dû amener dans l'Islam les plus étranges phénomènes, et, nous le disons à l'avance, un élat de choses presque incroyable.
5o° Ne pas espérer en Dieu, c'est un état d'incroyance.
5i° Ne pas craindre Dieu, c'est encore l'incroyance.
Nous ne voulons pas répéter sans cesse que ce dogme est une instruction religieuse; un instrument de prédication ou de confession, bien plus qu'un dogme. Notons seulement que le salut par la simple croyance, devient plus difficile que Ton n'aurait cru d'abord; et qu'à défaut d'un prêtre pour condamner ou pour absoudre, il a fallu inventer une foule de formules, pour empêcher une religion trop facile ou trop sévère.
5a° Croire à la divination humaine de l'avenir, c'est faire un acte d'incroyant.
Ceci complète la formule relative à la prédestination. Le fatalisme et la théurgie marchent ensemble. Si l'avenir de l'humanité est libre, l'on ne saurait le deviner; et réciproquement, si l'onpeut deviner l'avenir, c'est que l'humanité a beau faire, elle ne le changera pas. En proscrivant la divination, le dogme musulman
conclut ainsi à l'entière liberté de l'homme. La théurgie n'eu est pas moins florissante encore dans l'empire ottoman. Mais pas plus que le fatalisme, elle ne vient directement de la religion. Il se peut que les sciences ocultes aient toujours eu plus d'empire sur les peuples orientaux, que chez les nations occidentales ; et l'on sait que les Arabes avaient reçu ces sciences de l'Egypte directement, qu'ils avaient fait de la magie, de l'astrologie, de l'interprétation des songes, une partie essentielle du culte de leurs idoles avant Mahomet. Toutefois nous croyons que la théurgie est restée en Orient, ce qu'elle serait restée en^Occident ; si l'Occident n'avait eu qu'un dogme plus ou moins religieux, pour agent de civilisation. Car l'on accuse l'Islam d'avoir fait l'Orient, et en particulier l'empire ottoman ce qu'il est. L'Islam n'y a pas fait ce qu'on pense, à beaucoup près. II a surtout manqué à faire, et en toute chose. Il a empêché peut-être que Ton fît à sa place. C'estlà son action la plus certaine et la plus immédiate, comme nous le verrons par la suite.
54° Les prières et les aumônes des vivans intercè-* dent pour les morts.
55° Diru écoute la prière et y fait droit;