‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 46 sur 245 · LIVRE ÎI, CHAP. I, DU DOGSlE · texte numérisé non relu

LIVRE ÎI, CHAP. I, DU DOGSlE

Voilà du pur christianisme et qui peut-être force un peu le texte corassique. En général, les docteurs musulmans se sont rapprochés, autant qu'ils l'ont pu, des doctrines de l'Eglise. A bien dire, le dogme tout entier n'est qu'une aspiration vers l'autorité qui lui manque. C'est ainsi qu'après beaucoup de controverses, l'on n'a pas exclu la prière de X Incroyant. Il y a là un démenti flagrant à la pleine suffisance de ce dogme, qui voudrait poser les conditions du salut comme Von formule des articles de foi.

56° Les signes de la fin du monde seront la venue de PAnté-Christ, l'apparition de la verge de Moïse et du sceau de Salomon , la descente de Jésus-Christ sur la terre, etc.

Nous titons cet article, uniquement pour montrera quel point la doctrine musulmane avait conscience de ce qui lui manquait. Pourquoi Jésus-Christ sur la terre, si le Verbe divin y est déjà, ou dans le Coran, ou dans le dogme, ou dans la loi, ou quelque part que ce soit? Pourquoi un nouvel envoyé; s'il y a quelqu'un, caliphe, imam, ouléma qui ait mission divine? Pourquoi ces attributs et ces représentans d'une autre religion, si l'Islam a les siens? Quant à faire de Jésus un dernier caliphe, comme a fait

ciel et la terre de l'Islam. Mais qu'importe que l'ange soit au-dessus ou au-dessous de l'homme, par sa nature; s'il procède de Dieu à l'homme, par sa fonction ? Il y a d'ailleurs , comme l'on verra, anges et anges dans l'islamisme* Les archanges sont proclamés au-dessus de l'huma* uité. Mahomet lui-même ne communique directement qu'avec l'archange Gabriel , sauf son voyage nocturne. C'est de Gabriel qu'il tient le Coran (i). Le dogme a voulu être plus clair que le livre, et il l'est un peu moitis. Tel qu'il est ; le dogme suffit à confirmer ce que nous avo ns dit des intermédiaires célestes dans l'Islam.

(i) L'ange Gabriel, disent les écrivains nationaux, remit par ordre de l'Eternel , à son prophète, dans les vingt-trois dernières années de sa vie, feuillet par feuillet, chapitre par chapitre , tout le livre du Cour'ann. Ce grand ministre des volontés du Seigneur, ajoutaient-ils, qui avait apparu douze fois à Adam, quatre fois k Enoch, cinquante fois à Noé, quarante- deux fois à Abraham, quatre cent fois à Moïse, et dix fois à Jésus-Christ , honora de sa présence le dernier et le plus auguste des prophètes vingt-quatre mille fois. Il ne lui apparaissait jamais que le visage resplendis-* sant de gloire et de lumière; ils exhalait autour de lui les parfums les plus odoriférans , et s'annonçait par un bruit sourd , salsale , semblable au son de petites cloches; sa présence jetait toujours l'effroi dans l'âme du prophète; une sueur froide couvrait tout son corps. Il eut aussi, très-souvent, l'apparition de l'ange Israël dans les trois premières années de son apostolat.

(M. (f 0hs&7n, totn. i, pag. #7»)

Page 1