LIVRE I,r, CHAP. I, DES OULÉMAS. l
ce qu'on croit , faire la réforme ou l'empêcher à leur gré, selon l'occasion! S'ils n'ont pas secondé le sultan Mahmoud , c'est que le plan impérial leur a paru mal conçu ! On pourra se convaincre que tout cela n'a pas de sens en pays musulman, ou n'y a qu'un sens tout-à-fait opposé aux institutions; quand nous en serons Tenus au Coran, au Dogme et à la Loi. Sans nous expliquer d'ailleurs sur l'autorité qui régit l'empire ottoman, nous pouvons affirmer à l'avance qu'il n'y a pas uu mot dans la religion , dans les lois de la Turquie, pas un mot qui défère aux oulémas ni à aucun corps savant ou enseignant, la prérogative dont l'on parle, ni aucun, pouvoir qui en approche. Y a-t-il du moins
mas, en qui la loi est vivante avec ses possibilités de modification? Les janissaires, c'était on bras aveugle et brutal, les oulémas , c'est une tête intelligente et raisonnant.... Les oulémas, pour être les hommes les plus versés dans la science de tradition, ne sont pas les ennemis de la science nouvelle* La culture qu'a reçue leur intelligence, leur fait un besoin de savoir.*.. » {Occident et Orient). — M. Barrauit va beaucoup trop loin en tout sens. Qu'est-ce que la science nouvelle? Qu'est-ce que le besoin de savoir dans l'Islam? Pour le moment, nous nous bornons à dire que les oulémas n'ont pas fait les choses ce qu'elles sont en Turquie, où ils ne peuvent davantage les changer.
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par l'empire | des usages, des précédens, quelques momimens écrits ou non, qui puissent faire conclure à un Veto politique , concours ou refus de concours exercé, en de certaines circonstances, par les oulémas-muderris ? En aucune façon ; et voici sur quoi reposent toutes les erreurs accréditées contre le professorat de l'empire. Le droit est le principal objet de l'enseignement; et le professeur-jurisconsulte enseigne à la fois, par la leçon publique et par la consultation privée. Le gouvernement prend des avis comme en prennent les particuliers, dans tous les cas où la loi paraît douteuse. Toutefois et dans les grandes occasions, ce n'est pas le loisir, ce n'est pas la Porte, ce n'est pas le Sultan qui consulte ; c'est la personne privée du padischah, c'est le prince régnant, comme l'on dit quelquefois dans les monarchies de l'Europe. Padischah-lslam demande, telle est la formule. Les oulémas ne se trouvent pas moins en demeure, nous le reconnaissons, de donner souvent leur avis sur la légalité d'une prétention, d'une entreprise, d'un acte du gouvernement. Et de plus, ils peuvent être saisis de la question par le premier venu (i), aussi bien que par
(i) Les janissaires ne faisaient ainsi qu'user du droit