‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 71 sur 245 · LIVRE II, CHAP. 3, DU CULTE · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAP. 3, DU CULTE

qu'au retour de la mosquée d'Ahmed, dans l'intérieur de son palais. Ce n'est guère qu'une aumône en nature , au lieu d'une aumône en argent. Si Ton n'y peut vaquer en personne ;.l'on y emploie ses domestiques , sans la moindre difficulté. Telle est la Pâque des Turcs , en y ajourant les bonnes odeurs et les vêtemens neufs que la loi recommande pour le matin, à la mosquée. La circoncision, légalement religieuse aussi , n'est qu'une opération exécutée par un barbier public. L'imam que les riches y ap-

dans l'intérieur de son sérail et avec le plus pompeux appareil. Dès son retour de la mosquée, il se couvre d'un tablier de soie, prend en main le glaive du sacrifice, et immole ainsi un ou deux agneaux, au milieu des vœux et des prières de tous les grands officiers du palais. 11 goûte également d'une partie de ces victimes, et fait donner le reste aux pauvres avec de grandes aumônes. »

Le sultan, il est vrai, sacrifie en personne; mais le premier jour seulement ; les deux autres jours du second beyram, c'est un officier du palais qui remplace l'imam sultan. Nulle différence donc absolument; si ce n'est qu'au palais, le sang des victimes coule dans des vases d'argent, que leur tête est richement ornée d'un plumet d'assez mauvais goût, et que le glaive du sacrifice est un couteau garni de pierreries et enveloppé de taffetas.

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pellcnt habituellement, n'y est point nécessaire; pas plus qu'à la cérémonie où l'enfant reçoit son nom , pas plus qu'à la dernière scène des funérailles, où ces paroles sacramentelles de la loi en disent assez : « Au nom de Dieu et au nom du peuple soumis au prophète de Dieu. »

L'insuffisance du culte légal est tellement sentie dans l'empire, que l'on a de tout temps imaginé, hors de la loi, des fêtes plus imposantés. Mais il n'en est aucune, que l'on ait su affranchir du sens matériel, qui marque si profondément le rituel islamique. Il en est qui non seulement ne dérivent pas du dogme, mais y contredisent de la façon la plus grossière. Nous ne citerons que l'anniversaire religieux de la naissance de Mahomet , toujours dans la mosquée d'Ahmed. Il ne s'agit plus d'imam ici; les imams sont exclus avec le peuple croyant. C'est un gala de courtisans, de soldats et de gens de loi, où l'on ne garde que les muezzims pour chanter. Trois scheiks y prononcent le panégyrique du prophète, au bruit des plateaux chargés d'eau de rose , de bois d'aloè's , de confitures sèches et de sorbets. Les discours sont entremêlés de cantiques, et terminés par la lecture d'une lettre annuelle du shérif de la Mecque, au sujet des pèlerins. Et veut - on savoir quel est

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