LIVRE II, CHAP. 3, DU CULTE. l
un de ses dévoués partisans dans l'Yémen , et peu avant de mourir, à ce que dit la légende.
De grands efforts ont été faits pourtant à spiritualiser le culte de l'islam, à grandir la mosquée et son imameth. Le collège des oulémas a détaché de ses professeurs, pour ce que Ton appelle bien improprement la prédication; car il n'y a point de prédicateur dans le rituel islamique. Le Scheik (Aucien) qui prend la parole à la mosquée , en certains jours ou en de certaines circonstances, n'est point un imam. C'est uu ouléma muderris (professeur). Il a sa chaire dans une mosquée , au lieu de l'avoir dans un medressé , pour obéir aux termes de la fondation d'unwacouf ; et voilà tout. L'enseignement de cette chaire ne fait pas, pour cela, partie du culte. Il est au contraire et de doctrine et de recommandation expresse, que le scheik ne prenne la parole qu'après la prière achevée. Il n'y a point de confusion possible, entre le Desservant et le Professeur. Dans un grand nombre de localités pauvres, le scheik peut bien ne pas appartenir rigoureusement à un tableau professoral ; mais nulle part il n'est l'imam de la mosquée. C'est d'ailleurs le mouphty, comme chef de l'enseignement, qui nomme les scheiks de toutes les mosquées impériales ou seulement
l/fl DE L\ RELIGION, DOGME ET LOI.
importantes. L'abaissement du culte est si profond, que pour le Kouthbé de la prière publique des vendredis, limam-curé, comme l'appelle M. d'Olissort, l'imam de la mosquée ne suffit pas. Le Kouthbé en effet dépasse peut-être la stricte limite de la prière ordinaire; le Kouthbé tient du prêne chrétien autant que du namaz musulman. Il faut un Khatib pour dire le kouthbé; et le khatib, ce n'est ni plus ni moins qu'un officier impérial, lequel exclut l'imam une fois par semaine. C'est une sorte d'imam des vendredis et des jours solennels, qui n'est ni l'imam de la veille ni l'imam du lendemain. Le culte n'est pas au niveau du prône kouthbé, comment aurait -il la prédication? Les scheiks avaient entrepris d'y suppléer; et Mahomet II lui-même n'a fait que continuer, de plus haut, l'idée scheikale, par la tentative que l'on connaît.
•Cette idée datait de loin déjà ; elle avait dû naître quand le collège s'était séparé de la mosquée. Les scheiks en avaient eu une autre. Car les derwischs procèdent des scheiks, quel que soit leur ordre. Il ne saurait entrer dans notre plan, de dire tout ce que les derwischs ont tenté d'apporter au culte de l'islam. On a d'ailleurs été beaucoup trop loin, en leur attribuant la