LIVRE II, CHAP. Sf DU CULTE. l
quasi- confession des femmes. Mais il est de notoriété qu'il ont voulu spi ritualiser la loi rituelle, jusqu'à innover dans le dogme même. I>a musique et les chants ne sont que le petit côté de l'institution derwischale. Les derwischs ne.se seraient pas soutenus si long-temps avec si peu contre la loi islamique (i)! L'idée derwischale à sa dernière expression , n'était rien moins, on peut le dire, qu'une tentative de sacerdoce chrétien et d'église divine. L'initiation d'un derwisch est soumise à des statuts, à des épreuves, à des formes solennelles qui tendent évidemment à la consécration cléricale. « Le sujet qui s'y destine, est reçu dans une assemblée de frères, présidée par le scheik qui lui touche la main, et lui souffle à l'oreille trois fois de suite, les premières des sept paroles signifiant les sept attributs de la divinité, » lesquels attributs tout, derwisch reconnaît et répète plusieurs fois par jour. Outre l'initiation, les prières des derwichs ont un sens inconnu dans le rituel légal. Les idées de grâce, $ amour et de feu divin dans
(i) La loi condamne la musique. Cette disposition ne nous a pas paru assez contraire au progrès humain, pour mériter d'être citée textuellement, pas plus que l'interdiction dû jeu et du rin.
les âmes, menaient droit à l'homme- dieu, nécessaire à l'Eglise, et qui se trouvait assez clairement désigné par un des sept attributs du symbole derwischal, DIEU VIVANT. Car dieuvivant est là suivi de dieu existant, comme le mode humain de l'existence divine. Les derwischs-bektaschys qui ont incontestablement fait le plus de chemin hors de l'islamisme, au point d'avoir leur belle maison de Scutari rasée pour quelques milliers de bouteilles de vin trouvées dans leurs caves; ces derwischs terminent une prière solennelle, par Yanathème contre la race kaliphale des ommiades, et la glorification du quatrième kaliphe Àly, dont les descendans ont amené l'hérésie sacerdotale de la Perse. Nous aurons l'occasion de revenir à cet irnameth schismatique et quasi-divin de l'islam.
Dans aucun ordre, le grade de scheik ne se confère qu'après une sorte d'invocation du Saint-Esprit, par le général. Le mouphty ne manque jamais de donner l'investiture au scheik ainsi choisi, malgré les reproches adressés de tout temps à l'orthodoxie des derwischs. C'est qu'il y a chez le mouphty, dans la magistrature ottomane et dans le public, la pensée confuse que les derwischs arrivent plus près des saints*